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Un enfant de 8 ans bloqué depuis 10 jours à Roissy

Dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy, en 2003. (photo d'illustration)

Dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy, en 2003. (photo d'illustration) - Joël Robine - AFP

Arrivé avec un faux passeport, un petit garçon de 8 ans originaire des Comores est retenu seul depuis dix jours dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy. Il risque l'expulsion.

Seul dans la zone d'attente d'un aéroport, depuis plus d'une semaine. Un petit garçon âgé de 8 ans, originaire des Comores, est retenu depuis une dizaine de jours dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy, rapporte Le Monde.

L'enfant est arrivé par avion le 21 mars dernier, envoyé par sa mère pour rejoindre sa tante à Paris, dans l'espoir qu'il y ait une vie meilleure. Mais, alors que sa tante était venue le chercher au terminal, l'enfant n'a jamais passé le contrôle d'identité.

Placé en zone d'attente

En cause: le passeport qu'il portait, qui était en réalité celui de son cousin. Les autorités ont alors décidé son placement en ZAPI, la "zone d'attente pour personnes en instance", de l'aéroport de Roissy, où, comme l'explique Le Monde, sont généralement placés les sans papiers n'ayant pas été autorisés à pénétrer en France. Le 25 mars, la cour d'appel de Paris a validé le prolongement de son placement en rétention, décidé la veille par le juge des libertés et de la détention du tribunal de Bobigny.

Seul et sans aucune présence familiale depuis dix jours, le petit garçon risque d'être renvoyé aux Comores. La situation, exceptionnelle, a fait bondir les associations de défense des enfants, alors que la Convention internationale des droits de l'enfant stipule qu'aucun enfant ne doit rester enfermé. Mais la cour d'appel justifie son choix, estimant que la décision du prolongement de la rétention est "dans l'intérêt même de la protection de l'enfant".

L'avocate du petit garçon a interpellé le ministère de l'Intérieur, et demandé l'aide du Défenseur des droits. Le garçonnet, lui, doit repasser devant le juge ce vendredi. Il pourra choisir de l'autoriser à entrer en France, ou de le maintenir dans la zone d'attente, en vue de son expulsion vers les Comores.

A.S.