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Un couvre-feu pour les mineurs d’Asnières et Gennevilliers

Environ 150 policiers et CRS sont déployés dans un quartier de la banlieue parisienne, où se cristallise l'opposition entre bandes rivales.

Environ 150 policiers et CRS sont déployés dans un quartier de la banlieue parisienne, où se cristallise l'opposition entre bandes rivales. - -

Après plusieurs agressions, qui ont notamment fait un mort ce samedi, entre bandes rivales à Asnières et Gennevilliers (Hauts-de-Seine), les maires des deux villes voisines instaurent un couvre-feu pour les mineurs dès ce mercredi soir et pendant une semaine.

Hier mardi, un adolescent a été poignardé en début de soirée à Asnières-sur-Seine, trois jours seulement après le décès par arme blanche d'un autre jeune de 15 ans dans une bagarre dans le même quartier de cette ville proche de Paris. Les maires d’Asnières et Gennevilliers (Hauts-de-Seine), ont donc décidé d'instaurer un couvre-feu pour les mineurs dès ce mercredi soir et pendant une semaine.

« Ça fait quand même 3 agressions en 3 jours »

Vers 19h50, une bagarre a éclaté près de la station de métro des Courtilles à la sortie d'un bus, où l’adolescent a été frappé à l'arme blanche, selon les premières constatations de la police. Le jeune homme, âgé de 15 ou de 16 ans, vraisemblablement originaire d'Asnières, « descendait du bus quand il s’est fait poignardé dans le dos, avec un tournevis, précise Laurent Arnaudas, secrétaire du syndicat SGP Police dans les Hauts de Seine. Il est parti en courant puis s’est effondré sur le parking du McDonald’s qui est juste à côté de la station. Il a été transporté à l’hôpital Bichat et ses jours ne seraient pas en danger. Mais ça fait quand même une troisième agression en 3 jours. Son agresseur est en fuite ; des témoins ont sûrement vu quelque chose. »

Environ 150 policiers et CRS sont déployés dans ce quartier où se cristallise l'opposition entre deux bandes rivales, l'une composée d'habitants d'Asnières et l'autre de résidents de la commune voisine, Gennevilliers.
Lundi, une marche silencieuse en hommage au jeune Samy tué samedi, qui a réuni selon la police de 600 à 800 personnes, s'était déroulée sous tension.

« Une spirale de violence qui n’est pas nouvelle »

Pas étonné par ces trois agressions rapprochées, Laurent Arnaudas explique : « Depuis un certain temps, les jeunes de bandes différentes, que ce soit de Gennevilliers ou d’Asnières, se cherchent mutuellement et font même des contrôles en imitant ceux de la police, dans les bus et autres, pour savoir qui est qui, et où ils habitent. Ces jeunes-là sont dans une spirale de violence qui n’est pas nouvelle. Pour eux, c’est une guerre "de territoires", de vengeance, dont la plupart ne savent même plus pourquoi ».

Une mesure vexatoire qui ne mettra pas fin à la violence ?

Les mineurs de trois quartiers du nord de Gennevilliers auront interdiction de sortir de chez eux non accompagnés entre 20h et 06h du matin, explique le cabinet du maire communiste Jacques Bourgoin : « C'est pour protéger les mineurs et appeler les parents à prendre toutes les précautions ».
La mairie d'Asnières, dirigée par le socialiste Sébastien Pietrasanta, doit prendre un arrêté identique. On ignore comment le couvre-feu sera concrètement mis en œuvre et si une violation amènera une arrestation ou une reconduite au domicile.

Une mesure identique de couvre-feu prise à Nice en 2009 et concernant les mineurs de moins de 13 ans avait suscité la polémique. Des associations jugent une telle mesure vexatoire et disent ne pas voir comment elle peut mettre fin à la violence.

La Rédaction, avec C. Bordet et Reuters