BFMTV

Un ancien conseiller de Montebourg condamné pour pédopornographie au Royaume-Uni

Christophe Bejach à Châteauroux.

Christophe Bejach à Châteauroux. - BERTRAND GUAY - AFP

Christophe Bejach, financier français et ancien conseiller d'Arnaud Montebourg, a été condamné mardi à une peine de neuf mois de prison avec sursis à Londres. Il a été condamné pour avoir tenté d'organiser une séance photo avec trois petites filles et pour détention d'images pédopornographiques.

Il a admis avoir parlé d’organiser une séance de photos dénudées avec trois petites filles, âgées respectivement de huit, dix et douze ans, et la police britannique a retrouvé chez lui 60 photos pédopornographiques. Ce mardi, au Royaume-Uni, Christophe Bejach, 53 ans, a été condamné à neuf mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans.

Christophe Bejach est un financier et dirige les actions européennes de la société d’investissement Monument Capital Group. Mais il a aussi été, entre 2012 et 2014, conseiller à Bercy auprès d’Arnaud Montebourg, désormais candidat à la primaire de la gauche.

"J'ai eu des pensées terribles, oui"

Le quotidien britannique The Daily Mail a longuement détaillé l’enquête et le procès sur son site internet. Christophe Bejach commence, au début de l’année passée, à s’entretenir via un site pornographique qualifié d’ "extrême" avec une certaine Sadie qui lui dit avoir trois filles, dont les âges vont de huit à douze ans.

Christophe Bejach s’ouvre de ses fantasmes avec celle qu’il croit être une mère de famille complaisante. Il évoque son envie d’avoir des rapports sexuels avec l’aînée puis, plus tard, envoie les photos de sous-vêtements qu’il vient d’acheter. Il dit vouloir prendre en photo les trois petites vêtues de ces accessoires.

Au fil des échanges, il donne d’autres précisions. Il assure avoir été personnellement victime d’abus sexuels de la part de sa mère puis déclare avoir agressé sa propre fille. Lorsque Sadie lui demande l’âge à partir duquel une petite fille est susceptible de l’attirer, il répond avec cette circonvolution: "Deux fois cinq". Sauf que "Sadie" était en fait le pseudonyme d’une policière britannique, membre d’une brigade spécialisée dans la cybercriminalité. Et ces confidences ont nourri le dossier instruit à son endroit.

Devant la cour, Christophe Bejach a reconnu avoir tenu ces propos mais il a assuré aux magistrats: "Aussi horrible que ça puisse paraître, ou plutôt aussi horrible que ce soit, tout n’était que fiction. (…) J’ai toujours tenu mon imagination en éveil car en avoir était important dans ma vie d’entrepreneur". Pourtant, il a aussi concédé: "Avant ça, j’ai eu des pensées terribles, oui."

Christophe Bejach assure que les sous-vêtements étaient pour sa femme

"Ça", c’est un rendez-vous auquel il s’est rendu le 28 avril dernier au Cumberland Hotel de Londres. Il y rencontre alors Sadie. Seulement, durant l’entretien visant à finaliser les modalités de la séance avec les enfants, il se doute de quelque chose et prend peur. C’est alors qu’il abandonne son projet de photos érotiques avec les trois filles, voire de rapport avec la fillette de douze ans. Au mois de juillet suivant cependant, la police débarque chez lui et trouve alors 60 photos qualifiées d'"indécentes" par les forces de l’ordre dont au moins sept représentent des actes sexuels perpétrés sur des enfants.

Pour ce qui est des clichés qu’il a lui-même envoyés à la mère prétendue des trois filles, il a soutenu lors du procès qu’ils ne montraient pas des vêtements destinés aux mineures mais à sa compagne Alexandria: "C’est un très petit gabarit", a-t-il dit.

Christophe Bejach a été condamné à neuf mois de prison avec sursis auxquels s’ajoutent deux ans de mise à l’épreuve, le parquet estimant qu’il pouvait bénéficier de "très fortes circonstances atténuantes". La justice a retenu son "comportement irréprochable" avant les faits et le diagnostic des psychiatres. Ceux-ci ont déclaré qu’il était dépressif.

Arnaud Montebourg dit ne plus travailler avec lui depuis trois ans

En plus de son sursis, le financier devra suivre un traitement pendant cent jours, suivre des activités de "réhabilitation" pendant vingt jours et il a dû signer le registre des agresseurs sexuels. Il y restera inscrit pendant les dix prochaines années. Son ordinateur a été confisqué. Il est également tenu de payer 1.200 livres pour les frais de poursuites. Auparavant, il avait payé 100.000 livres de caution, avait remis son passeport à la justice, avait vu son accès à internet restreint et un couvre-feu lui avait été notifié.

Cette affaire de mœurs britannique trouve en France des résonances politiques. Entre l’entrée d’Arnaud Montebourg à Bercy, au ministère du Redressement productif puis de l’Economie, et son départ en 2014, Christophe Bejach avait travaillé comme conseiller technique à "l’imagination industrielle", rappelle L’Obs.

Selon Entourages, une publication informatique émanant du média d’investigation La Lettre A, Christophe Bejach est à l’origine de l’actuel programme industriel d’Arnaud Montebourg, point-clé de sa candidature à la primaire de la gauche. Mais l’avocat rejette en bloc cette assertion. Arnaud Montebourg, qui a vivement condamné les "actes répugnants" de son ancien conseiller et s’est dit "sous le choc" auprès du Lab, a affirmé ne plus collaborer avec lui depuis trois ans.

Robin Verner