BFMTV

Un ami du second jihadiste français: "Mickaël, je l'ai vu changer en 6 mois"

Le jihadiste français Mickaël Dos Santos était "un mec normal", décrit l'un de ses amis d'enfance, rencontré par BFMTV.

Le jihadiste français Mickaël Dos Santos était "un mec normal", décrit l'un de ses amis d'enfance, rencontré par BFMTV. - Al-Furquan Media - AFP

Un proche de Mickaël Dos Santos s’est confié à BFMTV, alors que son ami d’enfance a été officiellement identifié par le parquet comme étant le deuxième Français présent parmi les bourreaux de l’Etat islamique sur la vidéo d’exécution de masse publiée le week-end dernier.

"C'était un mec normal". C'est en ces termes qu'un ami d'enfance, rencontré par BFMTV, a évoqué Mickaël Dos Santos, ce Français âgé de 22 ans officiellement identifié ce mercredi par le parquet de Paris comme l'un des bourreaux de Daesh, apparaissant sur la vidéo d'exécution de masse publiée le week-end dernier.

Après Maxime Hauchard, c'est le deuxième Français soupçonné d'avoir décapité des soldats syriens. Une enquête pour "assassinat en bande organisée dans le cadre d'une entreprise terroriste" a été, à ce titre, ouverte en France contre leurs agissements.

Un converti sans casier judiciaire

Quel est le profil de Mickaël Dos Santos et qu'est-ce qui a bien pu le pousser à partir faire le jihad en Syrie? Cette question est au coeur de l'enquête. Sa mère a été entendue par le parquet de Paris. Elle crie son désespoir depuis la découverte de son fils sur la vidéo, et regrette n'avoir jamais été entendue par les autorités quand elle tentait de les alerter sur Mickaël.

Selon le Parisien, le jeune homme avait laissé un mot manuscrit à l'attention de sa mère, avant de quitter la France pour la Syrie, en août 2013. "Je t'aime maman, peut être je te l'ai pas assez montray mais je t'aime beaucoup. Et papa aussi. Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je vous oublirai jamais. Converti toi à l’islam Maman et tu aura le bonheur. Converti toi à l’ismal et on se verra au paradis ! Bisous !", avait alors écrit Mickaël. Ce message, retranscrit avec ses fautes d'orthographe par le quotidien, avait été retrouvé début septembre 2013, au cours d'une perquisition au domicile familial.

Ce jeune homme était originaire de Champigny-sur-Marne, près de Paris. Comme Maxime Hauchard, il est également un converti, sans casier judiciaire.

Né le 17 janvier 1992 dans cette ville du Val-de-Marne de parents portugais, Mickaël a grandi dans une tour, non loin des guinguettes de la Marne, entre une mère au foyer et un père artisan, tous deux catholiques pratiquants. Les voisins de l'immeuble se rappellent d'un garçon "toujours serviable", "bien élevé". C'est en 2009, alors qu'il enchaîne les notes moyennes au lycée, qu'il se convertit à l'islam. A peu près au même moment où il est naturalisé français.

Ado, il refuse de serrer la main des filles

D'autres voisins de son quartier du Tremblay évoquent un jeune homme qui ne passait pas inaperçu, toujours paré d'une djellaba et d'un bonnet de couleur blanche. Au lycée, alors en quête d'un bac professionnel, le jeune homme se radicalise, et se fait remarquer. Il prie dans les couloirs avec deux amis à lui, et refuse de serrer la main des filles. Alors qu'il n'est encore qu'un adolescent, son proviseur le signale aux autorités, toujours en 2009, selon une information de BFMTV.

De l'aveu de plusieurs fidèles de la mosquée Al Islah de Villiers-sur-Marne, le lieu de culte de la ville voisine que Mickaël Dos Santos fréquentait régulièrement, le jeune homme s'est cependant toujours montré "très discret" au sein du lieu sacré.

"Avant, un dragueur, un mec normal"

Pour un de ses amis d'enfance, rencontré par nos équipes, Mickaël Dos Santos s'est très rapidement transformé, "en une année" environ, et donnait l'impression d'être "dans sa bulle". 

"Avant, c'était un jeune qui allait à l'école, qui disait bonjour à tout le monde, un dragueur, un mec normal", énumère ce proche au micro de BFMTV. "Puis en six mois, il a tout arrêté, il s'est converti. Il paraissait plus serein".

"Au fur et à mesure je l'ai vu changer"

Toujours selon cette même source, le second Français formellement identifié sur la vidéo de Daesh a, "au fur et à mesure" évolué. "Il a eu la barbe, je l'ai vu changer", confie-t-il. "En un an, je ne vais pas dire qu'il s'est radicalisé, mais il s'est converti, il allait tout le temps à la mosquée, son entourage avait changé, il n'était entouré que de frères musulmans."

Un témoignage qui n'est pas sans rappeler celui de l'oncle de Maxime Hauchard, le premier de nos concitoyens identifié parmi les bourreaux.

"Quand on le voyait, il ne suscitait pas une image méchante ou de quelqu'un d'extrémiste, il avait l'air de quelqu'un dans sa bulle", a encore ajouté cet ami très proche, qui se dit aussi choqué qu'incrédule devant les images présentant Mickaël Dos Santos comme un bourreau de l'Etat islamique.

Près de 376 Français sur place

Qu'ils soient sur place, en transit ou rentrés, 1.132 Français sont impliqués dans les filières de départ vers la Syrie et l'Irak, issus de près de 90 départements. Ils sont 376 sur place, dont 88 femmes et 10 mineurs, et 226 en transit. Quarante-neuf sont morts dans ces zones de combat. Comme Mickaël Dos Santos, 20% des Français impliqués sont des convertis.

>> Pour éviter tout débordement, cet article a été fermé aux commentaires. Merci de votre compréhension.

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV