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UberPop: la police des taxis traque les conducteurs utilisateurs de l'appli

Des officiers de la brigade chargée de contrôler les taxis effectuent un contrôle. (image d'illustration)

Des officiers de la brigade chargée de contrôler les taxis effectuent un contrôle. (image d'illustration) - Miguel Medina - AFP

Le controversé service américain de voitures avec chauffeur, UberPop, est dans la ligne de mire des Boers, la brigade de police parisienne dédiée aux taxis. Depuis le début de l'année, plus d'une centaine d'automobilistes ayant utilisé l'application UberPop pour transporter contre rémunération des passagers, ce qui est illégal, ont déjà été verbalisés.

Sur le site internet de la société Uber, rien n'indique que l'activité est illégale. Pourtant, depuis le 1er janvier 2015, le service UberPop de mise en relation entre passagers et conducteurs qui ne sont pas des chauffeurs professionnels, proposé par la société américaine Uber, est interdit sur le territoire français.

Décrié par les taxis, qui dénoncent une concurrence déloyale, les chauffeurs utilisant l'appli UberPop font désormais l'objet d'une chasse organisée par la police des taxis, les Boers. Mercredi, une équipe de BFMTV a pu monter dans une voiture de cette brigade spéciale.

Aucun indice visible pour repérer les conducteurs

Tous les jours, les Boers patrouillent à proximité des gares, des endroits touristiques et des aéroports, autant de lieux idéaux pour appâter les clients et, partant, pour démasquer les conducteurs frauduleux. "La difficulté c'est de repérer des particuliers au volant de véhicules normaux. Il n y a aucun indice qui permet de les différencier. C'est l'expérience et l'habitude qui nous permet d'interpeller les conducteurs", indique le capitaine Thierry Pujol, de la préfecture de police de Paris.

Les policiers, habillés en civil, n'ont en revanche pas le droit de se faire passer pour des clients ni d'effectuer une réservation sur l'application Uber. "Nous ne pouvons pas faire de la provocation. Nous nous contentons de patrouiller, contrôler, de surveiller les comportements des uns et des autres pour détecter les taxis clandestins. Depuis janvier nous avons plus d'une centaine de conducteurs de taxis interpellés à Paris intra-muros", indique-t-il.

"Uber ça marche, pourquoi ils n'arrêtent pas Uber?"

Du côté des utilisateurs, la pilule ne passe pas. Vu par beaucoup comme un moyen d'arrondir les fins de mois, les automobilistes particuliers qui utilisent UberPop comme une source de revenus complémentaire ne comprennent pas leur verbalisation. "Je travaille pour le Smic, ça ne suffit pas, je suis obligé de faire ça pour avancer. Je fais rien de mal, on ne m'a pas dit que c'était illégal. Uber ça marche, pourquoi ils n'arrêtent pas Uber? Je suis surpris de la tournure que ça prend, on parle de délit mais j'ai l'impression de ne rien faire de mal. Uber continue et moi je me retrouve au milieu de la route entouré par les policiers", explique un conducteur, qui transporte des clients contre rémunération via UberPop.

Uber porte plainte contre la France

Selon lesechos.fr, la société Uber a déposé une nouvelle plainte contre la France devant la Commission européenne, après une première en décembre 2014, afin de parvenir à l'annulation de l'interdiction d'UberPop sur le territoire français.

Jusqu'ici en tout cas, le travail dissimulé et l’exercice illégal de la profession de taxi, auxquels UberPop reste assimilé dans notre droit, sont passibles de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.

Audrey Guiraud avec David Bouteillier et Laetitia Kretz