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Trois jeunes juifs agressés à Villeurbanne

Trois jeunes gens de confession juive ont été victimes d'une violente agression samedi soir à Villeurbanne

Trois jeunes gens de confession juive ont été victimes d'une violente agression samedi soir à Villeurbanne - -

Trois jeunes gens de confession juive ont été victimes d'une violente agression samedi soir à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise. Les trois victimes, qui portaient la kippa, ont brièvement été hospitalisées et sont ressorties hier avec 5 jours d'interruption de travail.

Il est 18h30 rue de France samedi, dans le centre de Villeurbanne. Trois jeunes juifs, entre 18 et 20 ans, portent la kippa, se promènent et profitent du beau temps. Quand ils croisent sur leur chemin trois autres jeunes qui commencent par les traiter de "sales juifs", avant de courir chercher du renfort. Quelques minutes plus tard, les agresseurs sont une bonne dizaine, et viennent armés de marteaux et de barres de fer. Les coups partent. Un jeune est atteint au bras, les deux autres sont blessés au niveau de la tête. Les secours, alertés par des témoins de la scène, ont transporté les trois victimes à la clinique du Tonkin de Villeurbanne où ils ont été pris en charge. Les trois victimes sont sorties dimanche de l'hôpital et ont déposé plainte. Deux d'entre eux bénéficient d'une interruption de travail de cinq jours. Aucun des agresseurs n'a pu être interpellé. Mais des patrouilles supplémentaires ont été affectées à Villeurbanne afin de renforcer la sécurité de ce quartier, qualifié de « sensible » par les syndicats de police. « Ces actes d'une extrême gravité sont une attaque délibérée contre notre modèle républicain qui doit permettre à tous, sans distinction, de vivre librement et en toute sécurité son appartenance religieuse », a déclaré Manuel Valls dans un communiqué. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lui, a condamné cette agression « d'une violence insupportable ».

« Un traumatisme terrible après Toulouse »

Marcel Amsallem est le président du CRIF de la région Rhône-Alpes. Il est choqué, une nouvelle fois, par ce type d’agression envers des jeunes de confession juive : « Nous sortons d’un traumatisme terrible après les agressions de Toulouse et je voudrais aujourd’hui exprimer mon indignation, ma colère. Et je voudrais dire aussi que ce climat antisioniste de stigmatisation d’un Etat, comme quand Eva Joly qualifie Gaza de camp de concentration à ciel ouvert, aboutit finalement à des agressions de plus en plus violentes. Je trouve ça déplorable ».

« Faire une minimum d’instruction civique »

Richard Prasquier est le président du CRIF. Sur RMC, il invite les pouvoirs publics à développer l’éducation civique qui permettrait d’éviter ce genre d’agressions : « Il est urgent dans notre pays de faire une minimum d’instruction civique. Il est urgent de sortir de la tête de ces jeunes que l’exemple de Mohamed Merah est à suivre parce que c’est ce qui s’est passé dans les semaines qui ont suivi Toulouse. On n’avait jamais vu autant d’agressions contre les juifs. Il faut remonter plusieurs années en arrière pour retrouver ce climat, à l’époque cela avait été amené de l’extérieur. Si les jeunes pensent que l’exemple de Merah est celui à suivre, nous avons un très gros problème dans notre république ».