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Toute l’administration fiscale pâtit de l’affaire Cahuzac

La tension contre les agents du fisc pourrait se renforcer avec la venue prochaine de 12 millions de personnes aux guichets de l'administration dans le cadre de la déclaration de revenus

La tension contre les agents du fisc pourrait se renforcer avec la venue prochaine de 12 millions de personnes aux guichets de l'administration dans le cadre de la déclaration de revenus - -

Le scandale Cahuzac jette non seulement l’opprobre sur le gouvernement, mais aussi sur les agents du fisc, agressés par certains contribuables. Une tendance ravivée par la publication jeudi par Valeurs Actuelles d’une information mettant en cause le fisc dans le cadre d’une « enquête secrète » sur l’ex ministre du Budget.

Nouveau rebondissement jeudi dans l’affaire Cahuzac, après la publication par l'hebdomadaire Valeurs actuelles, d’une information selon laquelle une enquête aurait été diligentée par Bercy et par le fisc dès le mois de décembre. Une mission secrète en Suisse aussitôt démentie par Pierre Moscovici et par le directeur général des Finances publiques, Bruno Bézard.
Les présidents UMP des commissions des Finances du Parlement Gilles Carrez et Philippe Marini ont eux-mêmes jeudi jugé une telle enquête « peu probable ».
Ces allégations jettent en tout cas l’opprobre sur l’administration fiscale tout entière, déjà mise en difficulté par l’affaire Cahuzac. Devant les sénateurs jeudi, le ministre de l’Economie a regretté que l'affaire tourne à l'acharnement. « Dans cette affaire, l’administration fiscale a fait tout ce qu’elle pouvait. Prenons garde à ne pas salir cette administration, qui est une des plus capables du monde » a affirmé Pierre Moscovici.

« L’affaire Cahuzac ne doit pas remettre en cause le travail des agents »

Philippe Grasset, secrétaire général FO Finances Publiques, regrette « l’amalgame entre un mensonge d’Etat et le fait que les agents du fisc ne feraient pas bien leur travail de contrôle » avant de préciser : « les dossiers dits ‘sensibles’ de personnalités sont traités par des services à compétences spécialisées et pas dans un centre des impôts classiques ».

« On a un devoir de réserve »

Afin de redorer le blason du fisc, Vincent Drezet propose de « lever le secret fiscal afin de montrer le travail qui a été fait et d’en finir avec la remise en cause de l’administration et des agents qui font au mieux avec ce qu’ils peuvent ». Le secrétaire général du syndicat national Solidaires Finances publiques se dit « très inquiet » par la venue prochaine de « 12 millions de personnes sur un mois » aux guichets du fisc dans le cadre de la déclaration de revenus. « Il y a déjà une augmentation de la tension à l’accueil, et ce genre d’événement va constituer un facteur aggravant ».
Certains adhérents « démunis » ont demandé des conseils afin de répondre à l’agressivité de certains contribuables. « On a envoyé un petit matériel pour leur dire ce qu’ils pouvaient faire », indique Vincent Drezet. Et de citer l’exemple d’un collègue « interpellé par un chef d’entreprise ». L’usager a lancé : « vous m’ennuyez avec quelques milliers d’euros et regardez ce qu’a fait votre ministre ! ». L’agent, qui travaille dans le cadre du service public, a invoqué son devoir de réserve. « Ça fait partie des réponses, quand un contribuable nous dit que c’est scandaleux, nous sommes tous d’accord. Simplement, dans l’exercice des missions, on a un devoir de réserve ».

Claire Béziau, avec Thomas Chupin