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Toulouse : les cyclistes à l'amende

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La ville de Toulouse a décidé depuis le début du mois de faire la chasse aux cyclistes contrevenants. Une trentaine de PV ont déjà été dressés pour des feux ou des stop grillés, ou pour usage de portables au guidon. Une répression qui n'est pas du goût des adeptes de la petite reine.

Ils sont là les policiers. Discrets mais à l’affût du moindre écart, le carnet de contravention prêt à être dégainé. A leur vue, les automobilistes se crispent. Mais en ce moment à Toulouse, ce sont les vélos qui sont les plus surveillés. Les cyclistes contrevenants qui pensent que les feux rouges ne les concernent pas, que les sens interdits n’ont aucun sens quand on n’a que deux roues, et pour qui le mot stop ne fait pas partie du vocabulaire. Des comportements qui irritent les autres usagers de la route, et en premier lieu les voitures, mais des comportements qui ne sont pas si anodins que ne voudraient le penser les adeptes de la petite reine. A Toulouse, deux cyclistes ont perdu la vie depuis le début de l'année en raison du non-respect des règles du code de la route. Alors depuis le début du mois d’avril, la police multiplie les opérations de contrôles.

« S'ils m’arrêtent, c'est normal »

On ne sait pas encore si les conduites évoluent, mais depuis le début de l'opération, ce sont plus d'une trentaine de procès-verbaux qui ont été dressés. Et pour avoir grillé un feu, Emma, une cycliste toulousaine, a reçu sous les yeux de notre reporter une amende de 90 euros. Elle le reconnaît, elle a du mal avec le rouge : « Griller un feu rouge, ce n'est pas bien parce que ce n'est pas dans le code de la route (sic). S'ils m’arrêtent, c'est normal parce que je sais très bien que ce n'est pas dans les règles ce que j'ai fais ».

« Ce n'est pas du matraquage ! »

« On ne fait pas de répression par plaisir, mais véritablement pour réprimer les comportements les plus dangereux, explique Cédric Cresson, le Directeur Départemental Adjoint de la Sécurité Publique. « J'insiste vraiment là-dessus, ce n'est pas du matraquage ! La plupart des gens qu'on intercepte ont bien conscience d'avoir commis une infraction. Ils savent ce qu'est un feu rouge ou un stop, ils savent également qu'on ne doit pas boire et conduire en vélo, donc ce n'est pas une surprise ». « Ce n'est pas une action que menons sur le court terme, mais c'est quelque chose qui va s'engager sur le long terme », promet-il.

« Une réponse émotionnelle qui n'est pas adaptée »

Florian Youtiche, le vice-président de l’association Vélo Toulouse ne voit pas les choses de la même façon. Cette répression, elle lui reste au travers des boyaux : « Faire de la répression quand il y a eu des accidents, c'est une réponse émotionnelle qui n'est pas adaptée ». Pour lui, c’est parce que la ville n’est pas adaptée aux vélos qu’il y a des accidents : « Il y a encore beaucoup d'endroits qui sont très désagréables pour circuler à vélo. Il faut d'abord baisser les vitesses, arrêter de faire des 2X2 voies en ville pour limiter l'accidentologie plutôt que de faire de la répression tous azimuts qui va être contre-productive. Il y a en ce moment une pétition européenne qui circule pour abaisser toutes les vitesses en ville à 30 km/h. Donc vraiment diminuer les vitesses et diminuer la place de la voiture en ville nous apparaîssent comme les meilleures solutions ». Voilà qui va agacer encore plus les automobilistes.

Philippe Gril avec J.W Forquès