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Supporteurs fauchés par un RER : les barrières étaient-elles ouvertes ?

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L'enquête préliminaire devra établir comment un groupe a pu traverser les voies. Mais les supporteurs lillois reprochent une logistique d'encadrement défaillante et parlent de porte ouverte sur les voies.

Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire pour homicides et blessures involontaires après la mort samedi soir de deux supporters lillois heurtés par un RER aux abords de Stade de France après le match de football Lille-Lyon.

Guillaume Pépy, président de la SNCF, détaille les points qu'il faudra rapidement éclaircir : « vérifier l'état du grillage côté stade de France et puis surtout de répondre à la question : pourquoi un groupe d'adultes avec quelques enfants s'est engagé, a traversé les voies à 23h25. Nous ne comprenons pas pourquoi ce groupe s'est engagé sur les voies. Ce qu'on sait, c'est que la ligne B est grillagée, qu'il y a des portillons et l'enquête devra dire si des personnes ont utilisé des portillons ou sont passées par un autre chemin. L'enquête doit déterminé si le portillon d'accès était ouvert et si oui, s'il avait été vandalisé comme c'est très souvent le cas. »

Un proche d'une des victimes commente les déclarations de la SNCF : « Je suis en colère contre la SNCF. Je ne dis pas, rétrospectivement, que ce n'était pas dangereux de marcher près des voies. Mais le danger, ils ne l'ont pas vu. Les barrières étaient ouvertes. M. Pepy pourrait s'excuser », a déclaré à l'AFP Christian Duminy, joint par téléphone à Armentières (Nord). « J'attends les conclusions de l'enquête avant de décider de porter plainte. Ca commence quand même à se décanter parce que beaucoup de gens disent que les barrières étaient ouvertes », a-t-il ajouté.

Une zone fermée interdite au public

Les deux jeunes supporters lillois de 10 et 18 ans étaient originaires d'Outreau dans le Pas de Calais. Trois personnes ont également été grièvement blessées, parmi lesquelles le frère et le père de la victime de 10 ans, alors que sa sœur fait partie des huit personnes plus légèrement touchées. Ils ont été heurtés par le RER (qui roulait à vide à 60 kms/h) alors qu'ils longeaient une voie ferrée. L'accident s'est produit peu avant 23h30 à environ 600 mètres de la gare de La Plaine Stade de France sur la commune d'Aubervilliers sur un pont ferroviaire enjambant un canal, entre La Plaine et La Courneuve. Selon Jean Pierre Farandou, directeur Transilien à la SNCF, pour gagner du temps, le groupe de supporters cherchant à rejoindre son autocar a pénétré dans une zone interdite au public, protégée par des barrières et un portail fermé (ce que les premiers témoignages semblent donc contredire), puis longé la voie ferrée, non éclairée à cet endroit.

Personne pour aider les supporteurs

Ludovic est un jeune supporter du LOSC qui a fait le déplacement en bus et qui a assisté au match de samedi soir. Quels problèmes les supporters lillois ont-ils rencontrés ? « On nous donne pas de plan, on doit se débrouiller pour trouver le stade. Au retour, si on ne se souvient plus où est notre bus, y'a des problèmes : les rues sont bloquées, y'a personne pour nous aider. On se dit non c'est à droite, non c'est à gauche... Entre nous, on avait des soucis pour se rappeler quelle rue prendre... A voir autant de personnes massées à un endroit et pas avoir de lieu où on peut stocker tous les bus...»

350 cars stationnés à La Courneuve

C'est près de la gare de La Courneuve qu'étaient stationnés les quelque 350 autocars venus du Nord Pas de Calais. Des policiers ont supervisé l'acheminement des autocars vers ces aires de stationnement. L'an dernier, lors d'un match semblable, les encombrements avaient retardé les cars et des supporteurs avaient fini le trajet à pied, parfois en marchant sur une bande d'arrêt d'urgence.

Le président du club lillois, Michel Seydoux, a fait part de sa « compassion » et de la solidarité du club avec les victimes du drame. La maire de Lille, Martine Aubry s'est déclarée « de tout cœur aux côtés de ces parents dont la vie vient de basculer ».

La rédaction avec Agences et Kelly Laffin et Raphael Vantard