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"Stop féminicide!": coup d'éclat des Femen à Paris

Les Femen dans la cour du Palais royal, à Paris, jeudi 30 mai 2019.

Les Femen dans la cour du Palais royal, à Paris, jeudi 30 mai 2019. - François Guillot

Les militantes ont investi la cour du Palais royal à Paris pour dénoncer les 60 "assassinats" de femmes commis depuis le début de l'année et "l'indifférence du gouvernement".

Une soixantaine de militantes du mouvement Femen ont brièvement investi la cour du Palais Royal, en plein coeur de Paris, ce jeudi matin. Leur but: "rendre hommage" aux quelque 60 femmes "assassinées" depuis le début de l'année et dénoncer "l'indifférence du gouvernement".

60 femmes "assassinées" en 5 mois

Arrivées sur place à 11h00 précises, les activistes aux seins nus sont restées juchées 10 minutes sur les célèbres colonnes de Buren, d'abord silencieuses et poings levés, puis craquant des fumigènes roses avant de scander:

"Aux femmes assassinées, la patrie indifférente", "Pas une de plus!" et "Stop féminicide!".

Des slogans ensuite repris pendant leur rapide sortie jusqu'à la place du Palais-Royal, face au Louvre, où les militantes se sont rapidement dispersées sous l'oeil interloqué de rares touristes en cette fin de matinée nuageuse.

"Sensibiliser la société"

Sur leurs poitrines, elles avaient peint en noir les noms des femmes tuées en France depuis le 1er janvier: "Gaëlle poignardée enceinte de 6 mois", "Josette tuée par balle", "Chantal battue à mort, "Céline défenestrée avec son bébé de 3 mois"... Une action symbolique, censée "créer un Panthéon à ciel ouvert pour leur rendre hommage", a expliqué l'Ukrainienne Inna Shevchenko, figure de proue du mouvement Femen.

"Tous les deux jours, on compte une nouvelle victime" et "nous ne voyons toujours pas l'action qu'on attend", a-t-elle ajouté, dénonçant "l'indifférence du gouvernement" sur ce sujet.

Ce coup d'éclat avait aussi pour but de "sensibiliser la société" au phénomène des "féminicides". "S'il y avait 60 victimes masculines, imaginez quelle serait la réaction", a-t-elle lancé.

Ambre Lepoivre avec AFP