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Soupçons de viol au 36: des photos et des vidéos effacées sur des téléphones

La touriste canadienne accuse les policiers d'agression sexuelle, alors qu'ils se trouvaient en pleine nuit au mythique 36 quai des Orfèvres.

La touriste canadienne accuse les policiers d'agression sexuelle, alors qu'ils se trouvaient en pleine nuit au mythique 36 quai des Orfèvres. - Jacques Demarthon - AFP

Europe 1 révèle jeudi de nouveaux éléments dans l'enquête sur le viol présumé au 36 quai des Orfèvres, le siège de la police judiciaire parisienne.

Aucune preuve accablante, mais un faisceau de présomptions de plus en plus étoffé. L'enquête sur les soupçons de viol au 36 quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne, se poursuit depuis le 23 avril dernier, date à laquelle une touriste canadienne de 34 ans a accusé plusieurs policiers d'agression sexuelle dans les locaux de la police, après une soirée avinée dans un pub non loin de là.

Ils nient formellement tout viol

Jeudi, Europe 1 révèle de nouveaux éléments du dossier, comme les expertises des téléphones portables des deux policiers mis en examen, un major et un capitaine, et du troisième policier placé sous le statut de témoin assisté. Eux nient formellement tout viol, mais l'un des trois a reconnu une relation consentie. Les analyses des téléphones montrent qu'au lendemain de cette nuit, ils ont supprimé certaines vidéos, photos, ainsi que des textos.

Joint par BFMTV.com, Me Gustave Charvet, avocat du policier placé sous le statut de témoin assisté, a "regretté" la situation, mais n'a ni "confirmé, ni infirmé" les faits indiqués par la radio. "S'il s'agit d'une fuite dans le dossier, au beau milieu de l'instruction, c'est grave, et j'espère que le parquet fera le nécessaire pour trouver le responsable". Les deux autres avocats des policiers mis en cause n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Un texto accablant

L'un de ces messages a pu être retrouvé par les enquêteurs. "C'est une partouzeuse, dépêche!", a ainsi envoyé l'un des policiers à un collègue, alors qu'il se trouvait déjà dans les locaux de la BRI avec la touriste canadienne. Le destinataire du message est arrivé au 36 quelques minutes après la réception de ce texto, indique le site internet de la radio. Il aurait alors tourné une vidéo, qui a disparu depuis du téléphone. "Possible erreur de manipulation", se justifie le policier.

Le troisième policier a également "nettoyé" des photos et des vidéos prises ce soir-là. Lui soutient qu'elles ont été prises au bar, avant de pénétrer dans les bureaux de la police, et effacées depuis parce que probablement "floues". Quant aux appels et aux textos supprimés dans son téléphone, il parle d'un "dysfonctionnement", selon Europe 1.

Les espoirs de la jeune femme

La touriste canadienne, partie dès le lendemain des faits présumés pour Toronto après avoir porté plainte, n'a jamais été confrontée depuis à ceux qu'elle accuse. Elle devrait revenir prochainement à Paris pour être de nouveau entendue. Elle travaille aujourd'hui à mi-temps dans l'immobilier, et est suivie psychologiquement. Sur ses sous-vêtements, les enquêteurs avaient retrouvé les traces ADN de deux des policiers mis en cause, ainsi qu'une troisième empreinte génétique non identifiée. 

En juillet dernier, elle s'est confiée pour la première fois publiquement au quotidien canadien The Star, espérant que son histoire servirait à libérer la parole de victimes de viol. "Le message que je veux faire passer, c'est que ce n'est pas de notre faute, peu importe la manière dont on est habillées, ou dont on se comporte. A la minute où vous dites "non", c'est non."