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Sommet du G8 : les trucs de l'Irlande du Nord pour cacher la misère

Une façade truquée d'une boucherie, à Enniskillen, en Irlande du Nord.

Une façade truquée d'une boucherie, à Enniskillen, en Irlande du Nord. - -

L'Irlande du Nord, qui accueille depuis lundi le sommet du G8, n'a pas hésité à truquer les devantures des magasins pour masquer les effets de la crise. Des posters géants, collés sur les vitrines, font croire aux passants que les étals sont pleins.

C’est ce qui s’appelle un cache-misère. L’Irlande du Nord, qui accueille depuis lundi le sommet du G8, qui réunit les huit pays les plus puissants de la planète, voulait montrer son plus beau visage. Il faut offrir aux caméras du monde entier une image positive, et effacer les stigmates de la crise, qui frappe durement le pays. C’est pourquoi les autorités ont dépensé plus d’un million d’euros pour rénover les façades des villes du Comté de Fermanagh, où se déroule le sommet, et de sa région.

Les étals bien garnis d’une boucherie fermée depuis un an

Rénover… et truquer. Des affiches ont ainsi été collées il y a quelques semaines sur les vitrines des boutiques vides ou fermées, comme si tout allait bien. L'exemple le plus frappant, c'est celui d'une boucherie. En passant rapidement devant, on pourrait croire que les étals sont bien garnis, la porte semble même grande ouverte, alors que la boucherie a fermé ses portes il y a un an. Des boutiques remaquillées comme celle-ci, il y en a une trentaine dans la région : des faux restaurants, des faux magasins de chaussures...

Les habitants ne sont pas choqués

Les autorités réfutent toute manipulation liée au sommet du G8, elles parlent d'une simple rénovation. « Améliorer l’apparence des rues et des magasins, c’est une très bonne idée, car cela améliore la confiance, aide les petits commerçants, explique Alex Attwod, le ministre de l’Environnement, interrogé par France Télévision. Et cela dit aux gens que quel que soient nos problèmes, et nous les nions pas, nous faisons tout pour que les choses aillent mieux ». La plupart des habitants ne semblent pas choqués par ces artifices. Certains trouvent que cela rend leurs rues plus propres, d’autres regrettent qu’une telle somme ait été dépensé pour un simple coup de peinture.

Philippe Gril avec Tiffany Osswald