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Sida: jugé pour avoir caché sa séropositivité et contaminé deux femmes

L'homme doit être jugé devant le tribunal correctionnel de Montluçon, dans l'Allier.

L'homme doit être jugé devant le tribunal correctionnel de Montluçon, dans l'Allier. - AFP

Un malade du sida de 49 ans est jugé pour avoir contaminé sciemment deux ex-partenaires en leur cachant sa séropositivité, tout en refusant de se protéger lors de ses rapports sexuels. Il risque dix ans de prison.

Il refusait le port du préservatif alors qu’il se savait potentiellement porteur du VIH. Un malade du sida âgé de 49 ans comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Montluçon, dans l'Allier, soupçonné d'avoir transmis sciemment le virus à deux de ses anciennes partenaires en 2008.

Originaire du Portugal, le prévenu, intérimaire dans le secteur du bâtiment en Haute-Normandie, a été mis en examen pour "administration de substance nuisible, suivie de mutilation ou infirmité permanente". Père de famille, il encourt jusqu'à dix ans de prison.

Négligence ou volonté de nuire?

Deux de ses anciennes partenaires se sont constituées partie civile après avoir découvert qu'elles étaient porteuses du VIH. Elles l'accusent de les avoir contaminées en leur cachant sa séropositivité entre septembre et novembre 2008, période durant laquelle elles n'avaient pas eu d'autre partenaire.

Averti mi-septembre 2008 qu'il pouvait être porteur du virus par l'une de ses anciennes partenaires, qui a également porté plainte contre lui, le prévenu "a eu délibérément des relations non-protégées à la mi-octobre avec ma cliente, en sachant pertinemment à cette époque qu'il y avait une possibilité qu'il soit également séropositif", a expliqué l'avocate de l'une des parties civiles, Me Valérie Edwige.

"Lors du premier rapport sexuel, il a refusé le port du préservatif et lui a montré un ancien test négatif pour la rassurer. C'était un acte délibéré de sa part", a ajouté l'avocate, qui pointe "l'irresponsabilité" du prévenu. Mais pour l'avocate du prévenu, Me Cécilia Dufour, les victimes cherchent "un coupable idéal", alors qu'elles-même avaient des "conduites à risque" en ne se protégeant pas. Une des victimes a demandé que le procès se tienne à huis clos.

Prison ferme dans d'autres affaires similaires

Plusieurs affaires semblables ont été jugées ces dernières années, avec des condamnations très différentes. Mi-mars 2014, un Sud-africain de 54 ans a été condamné à quatre ans de prison ferme à Mulhouse. Fin janvier, un homme de 51 ans a écopé de cinq ans de prison, dont deux ferme, devant les assises de Bobigny. En 2011, un homme de 34 ans avait été condamné à neuf ans de prison devant la cour d'assises de Paris. En 2009, un autre s'était vu infliger trois ans ferme par la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

Aux Etats-Unis, en revanche, les autorités sont beaucoup moins sévères. Il y a quelques jours, un juge américain a ordonné à un homme séropositif d'arrêter de contaminer des personnes, après avoir infecté huit partenaires en quatre ans. L'homme n'a cependant jamais été condamné.

A. G. et C. P. avec AFP