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Seine-Saint-Denis: le ras-le-bol des gardiens HLM face aux agressions

Un bâtiment HLM à Fresnes, dans le Val-de-Marne, en 2013.

Un bâtiment HLM à Fresnes, dans le Val-de-Marne, en 2013. - Bertrand Guay - AFP

Les gardiens d'immeubles de Seine-Saint-Denis estiment que la police et la justice ne réalisent pas la gravité des incivilités et parfois des agressions qu'ils subissent au quotidien.

Confrontés à une recrudescence des incivilités de locataires qui vont parfois jusqu'à l'agression physique, les gardiens d'immeuble de Plaine Commune Habitat, l'un des plus gros offices HLM de la région parisienne, ont réclamé jeudi une plus grande réactivité des services de police et de justice. 

Depuis le début de l'année, 18 agents - gardiens mais aussi gestionnaires, techniciens ou agents de sécurité - ont été victimes d'agressions physiques qui ont donné lieu à des arrêts de travail, a indiqué Stéphane Peu, le président de Plaine Commune Habitat, lors d'un rassemblement qui a réuni une cinquantaine de personnes devant la sous-préfecture de Saint-Denis. Dernière en date, le 30 octobre, quand un gardien en poste à La Courneuve a été frappé à coups de tesson de bouteille.

Les manifestants, dont certains brandissaient des pancartes où l'on pouvait lire "Attention: vivre-ensemble en danger" ou "Touchez pas à nos gardiens", déplorent notamment un manque de diligence de la police qui, selon eux, refuse la plupart du temps d'enregistrer des plaintes, au mépris de la loi, se contentant d'une simple main courante. 

Déposer plainte? "Une perte de temps"

"J'ai été agressée physiquement au mois de juillet" par un locataire mécontent d'une réparation qui n'avait pas été faite à temps. "J'ai été au commissariat mais le policier n'a pas voulu prendre ma plainte, alors que j'ai insisté", témoigne Danièle Gourdel, en poste à la Courneuve. "Je dois reprendre le travail en janvier et j'ai une boule au ventre", ajoute cette gardienne qui a 30 ans de métier.

"Pour beaucoup de collègues, c'est une perte de temps d'aller au commissariat. Moi j'ai cessé de déposer des mains courantes car les responsables des agressions ne sont même pas convoqués", renchérit un gardien d'une cité de Pierrefitte qui a souhaité garder l'anonymat. Et quand des plaintes sont enregistrées, les délais d'instruction sont plus longs et les sanctions éventuelles plus légères que par le passé, l'expulsion de l'auteur de l'agression restant trop souvent l'exception, a fait valoir Stéphane Peu, également maire-adjoint communiste de Saint-Denis. 

"Les locataires nous prennent pour des concierges. Ils nous donnent des ordres et nous dérangent pour des futilités", déplore de son côté Nouredine Cheddadi, lui aussi en poste dans une "cité sensible" à La Courneuve, qui aimerait que des campagnes de sensibilisation soient menées pour que les locataires comprennent qu'ils n'ont "pas que des droits, mais aussi des devoirs". Une délégation a été reçue pendant une demi-heure par la sous-préfète Nadine Isnard. 

A. G. avec AFP