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Saint-Denis: des débordements après une manifestation de lycéens en soutien à Rémi Fraisse

Une trentaine de lycées étaient perturbés la semaine dernière en région parisienne.

Une trentaine de lycées étaient perturbés la semaine dernière en région parisienne. - Kenzo Tribouillard - AFP

Plusieurs lycées de Seine-Saint-Denis sont bloqués ce lundi pour dénoncer la mort du militant écologiste opposé au barrage de Sivens Rémi Fraisse. Des débordements se sont produits notamment à Saint-Denis.

Au moins six établissements sont bloqués ce lundi en Seine-Saint-Denis. Des blocages qui font suite au mouvement lycéen entamé la semaine dernière pour dénoncer la mort de Rémi Fraisse, militant écologiste opposé au barrage de Sivens, dans le Tarn. 

A 14h00, le calme était revenu dans les rues de cette commune de Seine-Saint-Denis, où de nombreux CRS restaient en faction devant les commerces du centre-ville.

La situation a été maîtrisée "sans recours à la force", sans tir de grenade lacrymogène ni de flash-ball, a souligné une source policière, qui n'a eu connaissance que de dégâts matériels.

 200 policiers sur place

Des incidents ont éclaté vers 10 heures, en marge d'un rassemblement à la mémoire du militant de 23 ans devant le lycée Paul-Eluard, à Saint-Denis. Un groupe de quelque 150 personnes, des "casseurs", selon une source policière, a décidé de se rendre dans le centre de Saint-Denis pour en découdre.

Des voitures ont été cassées et la N1 a dû être coupée, rapporte Le Parisien. Les auteurs des débordements ont tenté de s'en prendre à un supermarché qui a pu fermer ses grilles à temps. Un important dispositif de sécurité a été déployé pour tenter de ramener le calme, environ 200 fonctionnaires de police. La station de métro Basilique de Saint-Denis a été fermée, et le trafic du tramway interrompu par mesure de sécurité, selon la RATP. A 12h30, le calme semblait être revenu mais de nombreux CRS, certains équipés de flash-ball étaient toujours en faction dans le centre de la ville.

D'autres lycées ont également été touchés par des incidents à la suite des blocages. Des feux de poubelles ont notamment été signalés devant l'entrée du lycée Suger à Saint-Denis. A Saint-Ouen, la direction du lycée Cachin a choisi d'évacuer le lycée et de le fermer jusqu'à mercredi matin. Aux environs de 10 heures, les pompiers ont dû intervenir pour éteindre un incendie de poubelles qui avaient été regroupées devant l'établissement. 

Contre les violences policières et les expulsions

La semaine dernière, une trentaine d'établissements étaient perturbés dans la capitale et des manifestations dans les rues. Ce lundi, sur les 200 lycées que compte Paris, seuls deux établissements étaient bloqués, l'un complètement, l'autre partiellement, indique le rectorat. 

Les lycéens protestent contre les "violences policières" ayant entraîné la mort de Rémi Fraisse. Le militant écologiste de 23 ans a été touché par une grenade offensive sur le site du barrage contesté de Sivens.

Ils se mobilisent aussi pour défendre des lycéens sans papiers, notamment un jeune Mauritanien mineur prénommé Yero, placé en centre de rétention et menacé d'expulsion. Ce lundi matin, une centaine de personnes se sont réunies sur le parvis de l'Hôtel de ville de Paris pour protester contre son expulsion.

C. B avec AFP