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#Safedanslarue: l'insécurité vécue par les femmes sur Twitter

Une femme marche dans la rue à Paris (illustration)

Une femme marche dans la rue à Paris (illustration) - -

Se balader seule dans la rue n'est pas forcément agréable quand on est une femme. Twitter s'est emparé de la question après un message posté par une blogueuse féministe, Crêpe Georgette, qui explique sa démarche à BFMTV.com

Tout est parti d'une série de tweets. Ce mardi, la blogueuse Crêpe Georgette a posté sur Twitter une série de conseils aux hommes qui souhaitent participer au combat féministe.

"Beaucoup d'hommes se demandent comment ils peuvent être féministes. Twitter est un bon moyen de diffuser ce genre de conseils", explique Valérie, alias Crêpe Georgette, à BFMTV.com.

Or, parmi les commandements de l'homme féministe, le numéro 3 a immédiatement déclenché un véritable tsunami à l'échelle du réseau social: "Dans la rue, la nuit, si une femme est seule, je la dépasse vite en me mettant sur le trottoir d'en face pour montrer que tout est safe".

3. dans la rue la nuit si une femme est seule, je la depasse vite en me mettant sur le trottoir d'en face pour montrer que tout est safe
— CrêpeGeorgette (@valerieCG) 4 Février 2014

Une simple suggestion qui a presque instantanément donné naissance au hashtag "#safedanslarue" (lancé par @The_Economiss et @mrsxroots).

Le HT est lancé "@The_Economiss: Bon, et vous pour être #safedanslarue vous faites comment?"
— Mrs Roots (@mrsxroots) 4 Février 2014

Un mot-clé utilisé depuis par des femmes qui décrivent leur peur dans la rue la nuit, et expliquent les stratégies qu'elles adoptent pour ne pas se faire importuner, voire agresser. Certains hommes, qui ont pu se sentir stigmatisés, ont aussi réagi avec virulence.

"Je m'y attendais", tempère Crêpe Georgette, féministe depuis une quinzaine d'années, qui explique qu'un de ses textes sur la peur des femmes dans l'espace public ("Tu seras violée ma fille") lui avait valu des réactions identiques.

Peut-elle comprendre les hommes qui refusent de se voir assimilés à des agresseurs? "Les comprendre oui, mais il faut nous comprendre aussi", tranche-t-elle. "Il faut bien réaliser qu'hier, des milliers de femmes ont témoigné sur la peur qu'elles ressentaient toutes". Certes, elle admet que le conseil de changer de trottoir n'est peut être "pas à prendre au pied de la lettre", mais "il s'agissait de lancer une idée".

Le "trottoirgate" trouve ses racines dans l'éducation

"Marcher vite, ne pas fumer pour ne pas donner un prétexte", "ne mettre qu'un écouteur pour entendre ce qu'il se passe", "ne pas sortir en talons"... En s'échangeant ces conseils de sûreté, les utilisatrices de Twitter ont en effet été très nombreuses à expliquer qu'elle ne sortaient pas sans craintes. "Les réseaux sociaux n'ont pas que des avantages, mais ils ont au moins celui de faire prendre conscience de certaines choses", se félicite Crêpe Georgette.

Ce mercredi, la blogueuse a d'ailleurs réagi dans un post intitulé "Le trottoirgate ou comment la peur vint aux femmes". Elle y revient, comme elle l'explique à BFMTV.com sur les problèmes d'éducation, qui sont à l'origine de ce genre de situations. "On enseigne la peur aux femmes, mais on ne leur donne pas les moyens de se défendre", déplore-t-elle. "En gros, on leur apprend à être des proies".

Aurélie Delmas