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Pédophilie: à Lourdes, les évêques demandent pardon pour leur "silence coupable"

Après plusieurs mois de scandales, les évêques de France demandent pardon pour leur "silence souvent coupable".

Face aux accusations de pédophilies qui se sont multipliées ces derniers mois, l'Eglise a décidé de demander pardon pour son "silence souvent coupable". 

Le pape François, à l’origine de cette initiative, a laissé le choix à chaque conférence épiscopale de la date et des modalités. En France, les 115 évêques ont donc décidé de profiter de leur grande assemblée annuelle d'automne à Lourdes pour vivre cette initiative collective inédite, marquée par un jeûne.

"Après avoir écouté ces derniers mois, pour un certain nombre, des victimes à plusieurs reprises", les évêques ont jugé important de pouvoir prendre "ensemble ce temps de prière", a souligné sur la chaîne de télévision KTO leur porte-parole, Mgr Olivier Ribadeau Dumas.

"Au cours de la messe, ils demanderont pardon, pardon pour leurs propres péchés, pardon pour leur silence - parfois coupable et souvent coupable -, pour ne pas avoir permis que la vérité éclate toujours", a ajouté le prélat.

Les témoignages se multiplient

Depuis les révélations de l'association La Parole Libérée sur le cas de pédophilie dans le diocèse de Lyon, les témoignages se multiplient à Paris, Montauban, Toulouse, Clermont-Ferrand, Orléans, Bayonne, ou encore en Guyane. Ces derniers entraînent un début de prise de conscience au sein de l'Église catholique. 

C'est pourquoi, la Conférence des évêques de France (CEF) a annoncé mi-avril une série de mesures, dont une boîte mail dédiée au recueil de la parole des victimes. Une centaine de courriels ont été reçus en six mois pour des abus sexuels souvent antérieurs à 1970.

"Insuffisant" pour l'association La Parole libérée

L'association La Parole libérée, à l'origine de l'affaire lyonnaise, reste perplexe. "Le temps de prière de lundi, les cellules d'écoute sont potentiellement une bonne chose, mais s'il n'y pas de volonté de l'Eglise derrière, c'est insuffisant", estime son président, François Devaux.

Au-delà de leur "démarche spirituelle" de lundi, les évêques espèrent que tous "les acteurs de l'Église aient une conscience toujours plus vive de leur responsabilité à l'égard des personnes qui leur sont confiées".

Leur appel devrait résonner au-delà du sanctuaire marial pyrénéen, puisque la CEF a invité les fidèles "dans les diocèses qui le veulent à s'associer dans leurs communautés à ce moment de prière et de pénitence".

E. H. avec AFP