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Les évêques souhaitent une reprise des messes en public pour la Pentecôte

Eglise d'Etretat.

Eglise d'Etretat. - Sameer Al-DOUMY / AFP

Si le gouvernement n'a pour le moment pas varié et fixe le 2 juin pour le début d'une reprise des rassemblements religieux, l'épiscopat catholique ne désarme pas et espère toujours pouvoir accueillir les fidèles pour la Pentecôte, le 31 mai prochain.

Ce dimanche, Christophe Castaner avait quelque chose d'un théologien. Sur RTL, le ministre de l'Intérieur, en charge des Cultes, a en tout cas prétendu: "La prière n'a pas forcément besoin de lieu de rassemblement." L'ancien élu de Forcalquier marchait dans les pas du Premier ministre qui, annonçant mardi son plan de déconfinement devant l'Assemblée nationale, avait renvoyé au 2 juin un possible reprise des offices religieux.

La date avait ulcéré, notamment, l'épiscopat français qui avait dressé une feuille de route pour permettre un retour aux messes publiques autour du 17 mai. Depuis, les évêques ont renoncé à cet objectif sans se détourner de leur horizon essentiel: pouvoir de nouveau accueillir les fidèles, tout en satisfaisant aux conditions de la lutte contre le coronavirus, d'ici à la Pentecôte, célébration qui commémore notamment la naissance de l'Eglise et se tiendra cette année le 31 mai - deux jours avant l'échéance évoquée par l'exécutif.

L'Eglise et "les églises visibles"

Car si les dimanches se succèdent au gré des messes numériques, si tout le monde est resté chez soi pour Pâques, les catholiques et leur clergé soutiennent un tout autre point de vue sur la prière que Christophe Castaner et souhaitent donc se rassembler au plus tôt.

Le Catéchisme de l'Eglise catholique, résumé officiel de la foi et du rite de celle-ci, pose: "Les églises visibles ne sont pas des lieux de simples rassemblement mais elles signifient et manifestent l'Eglise vivant en ce lieu, demeure de Dieu avec les hommes réconciliés et unis dans le Christ".

L'archevêque de Marseille, Monseigneur Jean-Marc Aveline, ajoutait mercredi dernier auprès du Figaro: "La religion est d’essence communautaire et a besoin de célébrations et donc de rassemblements, fussent-ils organisés progressivement et de telle façon qu’ils n’entraînent aucun risque sanitaire". 

Une nouvelle copie de l'Eglise

Dans le même journal, Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, a défendu ce dimanche l'idée d'une sortie rapide mais progressive de ce huis-clos imposé: "Nous souhaitons un déconfinement ecclésial responsable - je dirais même hyperresponsable - au rythme de la société, parce que nous vivons dans le monde et que nous avons à y exercer toute notre responsabilité."

Interrogé au sujet d'un rendez-vous jeudi dernier entre Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, et le ministre de l'Intérieur à propos de la permission des messes en public pour la Pentecôte, il s'est laconiquement félicité: "Ce dialogue est une bonne nouvelle et une possible ouverture." 

Si visiblement, le dialogue n'a pas encore convaincu la place Beauvau, le clergé continue sa réflexion. Ce lundi, les évêques échangeront entre eux en visioconférence. Ces derniers jours, ils ont encore affiné leur copie, signalait Le Monde: dans son plan le plus récent pour accueillir de nouveau le public, l'Eglise a prévu de réserver un espace d'au moins quatre mètres carrés à chacun des fidèles et n'a pas exclu de varier la reprise et les modalités de ces rassemblements selon la couleur du département concerné sur la désormais fameuse carte du déconfinement. 

Robin Verner