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Bretagne: au nom de la laïcité, la statue de Jean-Paul II devra quitter l'espace public

Le monument devra quitter le domaine public

Le monument devra quitter le domaine public - David Ademas - AFP

L'oeuvre de l'artiste russe Zurab Tseretli est considérée  contraire à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 . Le maire de Ploërmel va faire appel de cette décision.

Le Tribunal administratif de Rennes a ordonné le retrait du domaine public d'un monument à Jean Paul II érigé sur une place de la ville de Ploërmel, dans le Morbihan, en contradiction avec la loi de séparation des Eglises et de l'Etat.

Le tribunal a estimé, suivant en cela les conclusions du rapporteur public, que l'édification de la statue en elle-même n'était pas contraire à la loi, mais que sa disposition sous une arche surmontée d'une croix monumentale, d'une hauteur de 8 mètres au total, en revanche l'était.

"La statue du pape Jean Paul II érigée en 2006 sur une place publique de la commune de Ploërmel est entourée d'une arche surplombée d'une croix, symbole de la religion chrétienne, qui, par sa disposition et ses dimensions, présente un caractère ostentatoire", fait valoir le tribunal, soulignant que le monument contrevient ainsi aux dispositions de la Constitution et de la loi de 1905. Il donne six mois à la commune morbihannaise pour s'y conformer.

Interrogé ce matin par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, le maire de Ploërmel, Patrick Le Diffon, a annoncé qu'il allait faire appel de cette décision. "Cette statue n'a rien d'ostentatoire, nous allons faire appel" a-t-il déclaré.

Une oeuvre qui n'a cessé de susciter la polémique

Dans un communiqué, la Fédération de la libre pensée, à l'origine, avec deux habitants de Ploërmel, de la requête devant l'instance administrative, s'est félicitée de cette "nouvelle victoire". A la fin de l'année dernière, l'association laïque avait obtenu le retrait de plusieurs crèches chrétiennes de lieux publics.

Depuis son installation sur une place rebaptisée "Saint Jean Paul II", le monument en hommage au pape décédé en 2005, oeuvre de l'artiste russe Zurab Tseretli qui l'a cédé à la ville, n'a cessé d'alimenter les polémiques.

Déjà en janvier 2010, le tribunal administratif de Rennes avait déclaré illégale, pour les mêmes raisons, une subvention de 4.500 euros versée en 2006 par le Conseil général du Morbihan. Les opposants dénonçaient à l'époque le recours à des fonds publics, dont ceux du département, pour le financement du socle de la statue, sur lequel figure la phrase de Jean Paul II "n'ayez pas peur", et la cérémonie d'inauguration.

la rédaction avec AFP