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Abdennour Bidar: Nicolas Sarkozy "est incapable de se projeter dans l'avenir"

Le philosophe et essayiste Abdennour Bidar, initiateur du mouvement "Fraternité générale", est ce mardi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC. Il publie l'ouvrage Quelles valeurs partager et transmettre aujourd'hui? (Albin Michel) à paraître le 28 septembre.

Invité mardi matin sur BFMTV et RMC, Abdennour Bidar lance ce mardi matin un mouvement citoyen baptisé "Fraternité générale", et dont il va devenir président. "C'est un appel à la mobilisation générale, pour la fraternité", explique le philosophe, mentionnant "cette grande oubliée de la devise républicaine". "Dans une société qui souffre de tant de fractures sociales, qui n'arrête pas de se diviser, nous les Français - je ne dis pas nous les Gaulois comme monsieur Sarkozy - qu'est-ce qu'on a en magasin? La fraternité". Or, poursuit-il, "on n'a jamais eu l'audace de faire de la fraternité un vrai projet politique".

Un tel projet permet-il de lutter contre le chômage, contre le terrorisme? "On ne fait pas un projet de société avec de la sécurité, on ne peut pas passer notre temps à se défendre contre des menaces, il faut aussi lancer un mouvement positif concret", explique-t-il. "On veut susciter des initiatives pour que les gens se disent: 'et moi, qu'est-ce que je peux faire pour que demain la société soit plus fraternelle?'"

"On joue sur le sentiment d'insécurité collective"

Durant les mois d'octobre et novembre, des manifestations sont prévues un peu partout en France, pour essayer de répandre l'esprit du mouvement. Avec le concours de plusieurs réalisateurs, des clips de 45 secondes vont être diffusés à la télé - et notamment sur BFMTV, au cinéma, sur Internet et dans les stades, qui "mettent en scène sur 45 secondes un geste de fraternité".

Se tournant vers les candidats à la présidentielle, Abdennour Bidar porte un jugement sévère: "On a d'autant plus de programmes et de promesses qu'on n'a pas de projet de société, qu'on n'a pas de vision".

Le philosophe réagit aux propos de Nicolas Sarkozy sur les Gaulois, lundi soir au cours d'un meeting: "On joue sur le sentiment d'insécurité collective, sur les peurs, sur la facilité d'encourager le repli sur soi. Par rapport à la phrase de Sarkozy, on va chercher l'identité de la France dans le passé, parce qu'on est incapable de parler du présent, et surtout de se projeter dans l'avenir. Moi j'aime beaucoup les Gaulois, je suis de Clermont-Ferrand. Mon père tutélaire c'est Vercingétorix même si je m'appelle Abdennour. C'est la magie de l'identité française, mais je ne me tourne pas vers Vercingétorix, je me tourne vers l'avenir".

A.L.M.