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Référendum en Nouvelle-Calédonie: quelles conséquences en fonction du résultat?

La Nouvelle-Calédonie vote ce dimanche sur son indépendance

La Nouvelle-Calédonie vote ce dimanche sur son indépendance - Fred Payet - AFP

Quel que soit le scénario du vote historique qui se tient ce dimanche en Nouvelle-Calédonie, il ne sera pas sans conséquences pour les résidents de cette collectivité française. Tour d'horizon.

"Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?". C'est à cette question que 174.154 électeurs ont eu l'opportunité de répondre, ce dimanche, pour choisir le destin du "Caillou", ainsi que l'on surnomme familièrement cette collectivité française située à près de 17.000 km de Paris.

Derrière le résultat de ce référendum, qui intervient 20 ans après l'accord de Nouméa signé en 1998, plusieurs scénarios sont à prévoir.

En cas de victoire du "oui"

A la lumière des derniers sondages, c'est l'hypothèse la moins probable, tant les chances des indépendantistes semblent faibles. Mais s'ils venaient à l'emporter à la surprise générale, la Nouvelle-Calédonie quitterait le giron de la France et obtiendrait une autonomie à 100%, devenant un État à part entière. Bénéficiant déjà d'un statut à part en comparaison des autres Collectivités d'outre-mer comme Saint-Barthelémy ou la Polynésie française, l'archipel disposerait ainsi de sa propre monnaie (actuellement l'euro côtoie le franc Pacifique), de son système de justice, de sécurité et de l'organisation de sa défense.

Un tel changement ne pouvant s'opérer du jour au lendemain, un processus de transition devrait être mis en place, selon des modalités qui restent à définir, pour que le territoire obtienne progressivement son indépendance.

Si le "non" l'emporte

En rejetant l'indépendance, la Nouvelle-Calédonie resterait une collectivité française, Paris continuant à exercer les fonctions régaliennes. Mais cela ouvrirait également la porte à deux nouveaux référendums, comme le prévoit toujours l'accord du Nouméa. Le premier pourrait être organisé en 2020 et, s'il venait de nouveau à être rejeté, à un second en 2022.

  • Jusqu'à maintenant, les sondages ont prédit une marge victoire du "non" dans une fourchette allant de 63 à 75%.

Dans tous les cas

Quel que soit le résultat de ce dimanche, il appellera forcément à poursuivre les efforts de décolonisation engagés eux il y a 30 ans, en 1988, à la suite de plusieurs années d'affrontements entre les Kanak et les Caldoches, notamment marqués par la prise d'otages sanglante de la grotte d'Ouvéa, où 25 personnes avaient perdu la vie. Aujourd'hui, les inégalités sociales restent marquées et une partie des Kanak continue de cumuler les difficultés: échec scolaire, taux de chômage plus important, habitat précaire, délinquance, etc.

Opposant à l'indépendance, le député calédonien Philippe Gomès estime dans une interview accordée au Monde, qu'il faudra profiter de ce référendum pour "construire une nouvelle organisation politique qui préserve la possibilité d'exercer le droit à l'autodétermination" et trouver un "compromis satisfaisant pour les deux camps". Tout en rééquilibrant les partages des richesses.

Peu après la proclamation du résultat ce dimanche, Emmanuel Macron fera une déclaration télévisée depuis Paris à 13 heures ce dimanche (23 heures à Nouméa), quand le Premier ministre Édouard Philippe sera lui en Nouvelle-Calédonie dès ce lundi.

Jérémy Maccaud