BFMTV

Pub sexy d'une clinique dans la Loire: l'Ordre des médecins porte plainte

La campagne de publicité dans les rues de Saint-Priest-en-Jarez dans la Loire est jugée sexiste.

La campagne de publicité dans les rues de Saint-Priest-en-Jarez dans la Loire est jugée sexiste. - Capture écran France 3

La campagne d'affichage de la clinique du Parc, à Saint-Priest-en-Jarez dans la Loire, avait suscité de vives réactions dans la région. Jugée sexiste par certains, la haute autorité des médecins a décidé de porter plainte pour "manquements déontologiques".

Infirmière sexy, docteur torse nu et un slogan : "Ailleurs certains soignent les apparences, ici c'est vous que nous soignons"... La clinique du Parc situé sur la commune de Saint-Priest-en-Jarez, près de Saint-Etienne, dans la Loire, avait osé le décalé et le suggestif pour sa dernière campagne d'affichage

Cette opération séduction présente dans la presse locale et sous forme d'affichage dans les rues de la ville n'a pas été du goût de tous. Les professionnels de la Santé de la région avait vivement protesté avant de saisir l'Ordre des médecins. Le Conseil, après analyse du dossier, a décidé de porter plainte pour "manquements déontologiques".

"La médecine n'est pas un commerce"

Portée auprès de la Chambre disciplinaire régionale de première instance de Rhône-Alpes, c'est le directeur médical de la Clinique du Parc, le Docteur Bruno Limonne, qui est visée par cette procédure. "Cette publicité, à la limite du bon goût vis-à-vis des autres professionnels de santé, n'est ni éthique, ni déontologique", a jugé le Dr Jean-François Janowiak, le secrétaire général de l'ordre professionnel de la Loire, estimant que son confrère incriminé "encourt sans doute un avertissement ou un blâme".

Pour le secrétaire général de l'Ordre des médecins, "ces manquements visés par la plainte concernent le fait que la médecine n'est pas un commerce, que les médecins ne peuvent tolérer de publicité sur leur activité médicale, qu'ils ont un devoir de confraternité vis-à-vis de leurs confrères, ainsi que vis-à-vis des autres professionnels de santé".

Capter l'attention d'une nouvelle clientèle

L'Ordre des infirmiers de la Loire s'est joint à la procédure dénonçant une dégradation de l'image de l'infirmière. "Elle porte atteinte à l'intégrité de ses qualités professionnelles, en laissant planer des intentions fallacieuses", indique l'organisation dans un courrier. Il est également reproché à la direction de la clinique d'avoir décidé de cette campagne en très petit comité, excluant ainsi les responsables médicaux de l'établissement. 

Loin de s'offusquer de cette polémique, le directeur administratif de la clinique a préféré prendre l'affaire avec philosophie. Xavier Rebèche, s'était félicité la semaine dernière d'avoir capté l'attention d'une nouvelle clientèle, jeune, sensible à l'humour, "en bousculant les codes par une campagne résolument décalée pour faire connaître la globalité de notre offre". Ajoutant que la campagne "provoque quelques réactions dans le milieu médical beaucoup plus que dans le grand public". 

J.C. avec AFP