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PSA : le sort d'Aulnay est-il scellé ?

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PSA Peugeot Citroën, qui va devoir prendre de nouvelles mesures d'économies, a annoncé jeudi la tenue d'un comité central d'entreprise extraordinaire (CCE) avant fin juillet. Objectif : sceller le sort des sites d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et de Rennes. Réactions

Les sites PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois et de Rennes pourraient être définitivement fermés. Le site d'Aulnay qui est l'un des plus gros employeurs de Seine-Saint-Denis emplois 3 000 CDI et 300 intérimaires. Tous ces emplois pourraient être eux aussi supprimés. C’est en tout cas ce que craignent les syndicats. De son côté, le directeur industriel du site Denis Martin a expliqué que « c'est dans le cadre d'une instance comme le CCE qu'une décision comme celle-ci peut être prise ».

« Nous ne savons pas quels sont les projets de la direction »

Invité à prendre position sur le dossier PSA par les syndicats, le gouvernement est pour le moment prudent. « Pour l'instant, nous interrogeons fermement la direction de Peugeot, car nous ne savons pas quels sont ses projets, ni de quelle nature ils sont », explique le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg. « C'est une entreprise privée dans laquelle l'Etat n'est pas actionnaire, nous n'avons donc aucun droit particulier », rappelle-t-il. « Néanmoins, nous souhaitons que le dialogue existe avec les syndicats du côté de la direction, et avec le gouvernement qui est garant de l'intérêt général ». « Je rappelle que les contribuables ont versé il y a quelques années plusieurs milliards d'euros aux constructeurs sans aucune contrepartie. Le moment sera bientôt venu de le rappeler ».

« L’état n’a qu’à pondre des décrets »

Jean Pierre Mercier est le leader local de la CGT PSA Aulnay. Il estime contrairement au ministre que l’Etat pourrait intervenir pour sauver l’usine d’Aulnay : « Je conteste cette idée, c’est du baratin. Le gouvernement aujourd’hui à tous les pouvoirs politiques et institutionnels entre les mains. Donc il n’a qu’à pondre des décrets, faire une loi pour que Peugeot, une société multimilliardaire qui fait des bénéfices à licencier et fermer les usines. Vous savez, si l’Etat sur ce dossier-là ne peut rien faire, ça voudra dire qu’il se rend complice de la fermeture de l’usine d’Aulnay. Et ça, nous, on ne l’oubliera jamais et on ne le pardonnera jamais ».

« Possibilité de faire pression sur la direction du groupe »

Gérard Segura est maire de Aulnay-sous-Bois. Il croit encore à la survie du site de PSA Aulnay : « Il y a la possibilité de faire pression sur la direction du groupe. Vous savez que les maires ont la possibilité de déclencher des expropriations. Et je suis en train de préparer un dossier qui me permettrait d’appuyer la démarche du ministre pour engager une procédure d’expropriation qui nous permette d’exposer un élément supplémentaire de pression pour que le groupe vienne à la table des négociations et fasse des propositions ».

La Rédaction avec Antoine Serres