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PSA : « Il n’y a aucune contrepartie pour les ouvriers »

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Deux réunions importantes, ce jeudi, pour la direction et les employés de PSA. Mais si le gouvernement demande au groupe automobile de revoir son plan social, les salariés rencontrés par RMC n’y croient pas.

Ce jeudi sera une journée importante pour PSA et ses salariés. Ce matin, le Comité central d'entreprise extraordinaire se réunit à partir de 8 heures au siège du groupe. A partir de 16 heures, réunion entre l'Etat, la direction et les syndicats autour d'Arnaud Montebourg au sujet du plan de restructuration de PSA, au ministère du Redressement productif.
Mercredi, on apprenait l’accord passé entre le gouvernement et le groupe automobile. L'Etat va aider le constructeur en garantissant jusqu'à 7 milliards d'euros sur trois à son pôle bancaire, en contrepartie de quoi il espère que PSA va faire des efforts sur l'emploi, notamment en améliorant son plan social, et va stopper les stock-options et les dividendes tant que l’Etat lui vient en aide. Mais le patron de PSA a prévenu : pour lui, les contreparties à cette aide de l'Etat ne concernent pas le plan de 8 000 suppressions de postes en France, avec la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis et une réduction de la voilure à Rennes.

« Une colère énorme »

Patrice Zahn, délégué syndical CGT à l'usine d'Aulnay-sous-Bois, ne croit pas en cette « amélioration du plan social » voulue par le gouvernement. « Ce n’est ni Moscovici, ni Montebourg, qui vont faire pression sur Varin, aux ordres de la famille Peugeot, une des plus riches familles de France. Ils ne veulent pas discuter du plan social ». Quant au soutien de la banque du groupe, le délégué syndical dit ne pas comprendre la décision : « Je trouve ça dégueulasse de leur donner du pognon. On nous dit que les caisses de l’Etat sont vides, et là on leur trouve 7 milliards ? Il n’y a aucune contrepartie pour les ouvriers, on ne le voit pas en tout cas. Je suis dans une colère énorme. Je suis comme tout le monde, je n’ai vraiment pas envie de me retrouver au chômage. Quand on a 50 ans, ce n’est pas du tout le bon âge ».

« On a déjà commencé à préparer les CV »

Karim, employé à l'usine PSA d'Aulnay, est sur la même longueur d’onde. « Je n’y crois pas du tout, c’est toujours pareil. Aujourd’hui, on ne sait pas ce qu’on va faire plus tard. Ils disent qu’ils vont nous aider, nous reclasser, mais il n’y a pas de preuves, rien. Bien sûr que ça fait peur, moi j’ai des enfants, je suis marié, il faut bien les nourrir, j’ai 34 ans ». Alors, sans grande perspective, la recherche a déjà commencé. « Maintenant, il va falloir trouver un autre travail, on a déjà commencé à préparer les CV. Il ne faut avoir confiance en personne. Ce n’est pas eux qui vont nous trouver un autre travail, je n’y crois pas une seule seconde ».

« Je n’ai jamais vu un merdier pareil »

Christian Lafaille, délégué Force Ouvrière, comprend cette colère. Mais d'après lui, le groupe PSA est obligé de supprimer des milliers de postes. « Il faut aussi se rendre compte de la situation de notre entreprise. Ça fait 37 ans que je suis dans le groupe, et je n’ai jamais vu un merdier pareil. Je sens que d’un moment à l’autre, on peut nous annoncer un dépôt de bilan, il faut absolument passer par une thérapie, sinon ce seront les 90 000 salariés qui plongeront ».

M. Chaillot avec Yann Abback