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Prise en charge des enfants de jihadistes: la Seine-Saint-Denis en appelle au Défenseur des enfants

La femme d'un jihadiste français assise avec quatre de ses enfants en Syrie.

La femme d'un jihadiste français assise avec quatre de ses enfants en Syrie. - DELIL SOULEIMAN / AFP

Le département, qui a accueilli une centaine d'enfants rapatriés de Syrie et d'Irak depuis 2016, demande un soutien financier de la part de l'État.

La Seine-Saint-Denis, département qui a accueilli une centaine d'enfants rapatriés de Syrie et d'Irak depuis 2016, en appelle ce vendredi au Défenseur des enfants pour que l'État la soutienne financièrement dans cette prise en charge.

Ce département se trouve en première ligne dans l'accueil des enfants de retour de zone irako-syrienne, qui arrivent sur le sol français à l'aéroport de Roissy. Ils sont alors pris en charge par le parquet de Bobigny.

"Le soutien de l'État devient absolument nécessaire", écrit Stéphane Troussel, président socialiste du département le plus pauvre de France, dans cette lettre à Éric Delemar, tout juste nommé Défenseur des enfants.

Un département "fragile"

Actuellement, 74 enfants sont confiés à l'ASE (Aide sociale à l'enfance) du 93, sur les 94 accueillis par le département depuis 2016.

"Il n'est plus possible (...) que le Département de la Seine-Saint-Denis, déjà fragile, porte à lui seul et sans aide de l'État le poids de cet enjeu de solidarité nationale", alerte Stéphane Troussel vendredi, journée internationale des droits de l'enfant.

Les dépenses que représentent cette prise en charge se chiffrent à "plusieurs millions d'euros" par an écrit-il.

Une subvention jamais versée

Stéphane Troussel, qui avait déjà demandé de l'aide au gouvernement en 2018 et 2019, affirme aussi qu'une subvention de 250.000 euros, soit 9% des dépenses en la matière, promise en 2018, n'a jamais été versée.

Environ 150 adultes et près de 300 enfants français sont détenus en prison ou dans des camps en Syrie et en Irak. Dans celui d'Al-Hol, dans le Nord-Est syrien, 517 personnes, dont 371 enfants, sont morts en 2019, selon une responsable du Croissant-Rouge kurde.

F.B. avec AFP