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Priscillia Ludosky répond à Emmanuel Macron sur la pétition contre la hausse des prix du carburant

Une semaine plus tôt, le président de la République s'était fendu d'une réponse, sept mois après le lancement de la pétition en ligne par Priscillia Ludosky. Un plaidoyer qui ne semble pas avoir convaincu la figure emblématique des gilets jaunes.

A ses yeux, la colère des gilets jaunes n’a toujours pas obtenu de réponse suffisante pour se tarir. Et elle le fait savoir. Mercredi, Priscillia Ludosky, l’une des figures emblématiques des gilets jaunes, qui avait lancé il y a sept mois une pétition sur le site Change.org "Pour une baisse des prix du carburant à la pompe !" a répondu à Emmanuel Macron.

"Je reçois votre réponse et il est bien dommage qu’après tant de temps, elle soit si peu constructive", a-t-elle sèchement répliqué au président qui lui avait adressé un message sur la page de la pétition une semaine plus tôt. "Chère Madame, chers tous, vous avez subi de plein fouet la hausse des prix du carburant, et avez décidé de réagir en signant cette pétition. Votre message, je l'ai entendu. Je vous réponds directement : vous avez raison", avait-il alors écrit.

Mesures insuffisantes

Un laïus loin de convaincre la trentenaire: "Votre réponse [...] ne répond pas à l'ensemble des questions que pose cette pétition", a-t-elle riposté avant d'énoncer "certains points restés sans réponse". Et la liste est longue. Priscillia Ludosky évoque en premier lieu le "kérosène utilisé dans l'aérien non taxé" et le "fioul maritime non taxé": "Le principe du 'pollueur/payeur' n'est-il applicable qu'aux automobilistes?" La jeune femme accuse par ailleurs le gouvernement de maintenir des taxes "trop élevées" pour financer la transition écologique, "or je n’observe pas les mesures mises en place allant dans le sens de la transition".

Quid de l’état d'urgence économique et social décrété par Emmanuel Macron et prévoyant notamment l'annulation des taxes sur le carburant programmée pour 2019? Des mesures "insuffisantes et sans réelle volonté d'améliorer le niveau de vie des Français", estime-t-elle. Face à un tel constat, la colère des gilets jaunes perdure. Comme lésés, les manifestants qui ne quittent pas leurs ronds-points depuis le 17 novembre n’ont "pas l’impression que les mesures adoptées au fil des ans aillent dans le sens de l’intérêt général mais dans celui des lobbies et industriels".

"Résoudre la crise démocratique"

Priscillia Ludosky conclut sa diatribe en réitérant les propositions des gilets jaunes pour sortir de la crise: baisse "sérieuse" de toutes les taxes et impôts sur les produits de première nécessité, baisse "significative" de "toutes les rentes, salaires, privilèges et retraites courantes et futures des élus et hauts fonctionnaires", suppression de la hausse de la CSG pour les retraités et geste en faveur des adultes handicapés et mise en place d'un Référendum d'Initiative Citoyenne (RIC) constituant, révocatoire et législatif.

Ambre Lepoivre