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Prévention contre le sida: JCDecaux retire l’affichage gouvernemental

Ces affiches de prévention contre le sida font polémique dans plusieurs villes.

Ces affiches de prévention contre le sida font polémique dans plusieurs villes. - BFM Paris

L'entreprise JCDecaux a retiré l'affichage de prévention contre le sida durant la nuit de mardi à mercredi. Un affichage qui faisait polémique dans plusieurs villes et contre lequel le maire Les Républicains d'Aulnay-sous-Bois avait décidé de prendre un arrêté interdisant son affichage.

Les affiches de prévention du sida vont disparaître des abribus d'Aulnay-sous-Bois. Un retrait effectué par l'exploitant publicitaire JCDecaux et qui marque la fin de la campagne de prévention, terminée mardi après une semaine d'affichage. Contacté par BFM Paris, JCDecaux explique que 90% des affiches ont ainsi été retirées dès 3 heures du matin, à Aulnay-sous-Bois et partout en France. Les affiches restantes doivent disparaître dans la journée.

Le maire Bruno Beschizza s'était opposé mardi à cet affichage montrant des hommes homosexuels s'enlaçant, avec des messages comme "Coup de foudre, coup d'essai, coup d'un soir. Les situations varient. Les modes de protection aussi". Invoquant la protection de l'enfance, le maire Les Républicains avait pris un arrêté interdisant cet affichage.

"On doit, on peut communiquer sur le sexe, mais jamais mettre ce type de campagne sur des arrêts de bus à la vue de tout le monde et où on a des enfants de 7, 8, 9 ans qui apprennent à lire et qui sont parfaitement capables de demander à papa, c'est quoi un coup d'un soir, c'est quoi une aventure", estime-t-il.

Un affichage dégradé à Aulnay

Le maire explique avoir pris la décision d'interdire l'affichage après des plaintes des habitants de sa ville. Avant que les affiches soient retirées, l'une d'entre elle a été dégradée mardi soir à Aulnay. Malgré l'opposition à la campagne de prévention, pour les associations de lutte contre le sida, le message véhiculé par ces affiches est nécessaire et peut très bien s'expliquer aux enfants.

"C'est très simple d'expliquer ça à un enfant qui est en école primaire: il y a une épidémie, il y a des gens qui sont très touchés par cette épidémie, donc on s'adresse à ces personnes-là pour qu'elles se protègent, pour qu'elles restent en bonne santé", résume Marc Dixneuf, directeur général délégué de Aides.

D'autres villes comme Angers se sont opposées à cette campagne d'affichage. Le maire de la ville avait lui demandé à JCDecaux le retrait des affiches. Contractuellement, JCDecaux est tenu de retirer les affiches si une ville lui en fait la demande écrite, comme c'était le cas à Angers. La société doit aussi enlever des affichages concernés par un arrêt municipal.

Malgré la fin de la campagne de prévention, la ministre de la Santé Marisol Tourraine a décidé mardi de saisir la justice administrative. 

C. B avec Raphaël Maillochon et Séga Kanouté