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Pourquoi travaille-t-on (ou pas) pour la Pentecôte?

Près de 80% des salariés ne travaillent pas ce lundi de Pentecôte

Près de 80% des salariés ne travaillent pas ce lundi de Pentecôte - -

Redevenue fériée en 2008 après plusieurs années d'imbroglio, la journée de solidarité sert à financer des actions de lutte contre la dépendance.

Près de 80% des salariés ne travaillent pas ce lundi de Pentecôte, pourtant près de deux milliards et demi d’euros vont revenir à l’Etat. Alors comment est financée cette journée de solidarité? Eléments de réponse avec Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail.

> Une caisse nationale de solidarité pour l'autonomie

Lors de sa création, en 2004, cette journée, travaillée mais non rémunérée, était initialement fixée au lundi de Pentecôte. Mais en 2008, ce lundi est redevenu un jour férié, et les employeurs sont devenues libres de fixer cette journée quand ils le souhaitent, quitte à supprimer un jour de congé ou de RTT.

Les recettes collectées par cette journée de solidarité se font via une contribution de solidarité autonomie, prélevée sur 0,3% de la masse salariale des entreprises du privé. En contrepartie les salariés "offrent" un jour de travail à l'Etat. Cette taxe avait été mise en place après l'été 2003, où la canicule avait causé 15.000 décès chez les personnes âgées.

"Cet argent est collecté à travers les Urssaf vers une caisse spéciale nationale de solidarité pour l’autonomie", précise Bernard Vivier.

Il faut également ajouter la contribution des 20% des salariés au travail ce lundi. Problème: la mesure s’applique à travers un jour férié qui cesse de l’être et qui donc doit être travaillé sans être payé. Faut-il donc simplifier sa mise en application?

> Vers une extension aux professions libérales

Selon l'expert, "ce serait beaucoup plus simple pour le gouvernement de dire: nous augmentons les impôts. Ce n’est pas bon pour l’économie ni pour les salariés qui ne savent pas toujours comme pour les employeurs, si ce jour, du lundi de Pentecôte, est un jour où l’on travaille ou l’on ne travaille pas. Ce que l’on sait c’est que l’on n’est pas payé", conclut-il.

En pratique, cet argent sert à embaucher du personnel dans les maisons de retraite ou financer des heures d’aides à domicile pour les personnes en perte d’autonomie. Quant à l’avenir de cette contribution, aucune remise en question n’est à l’ordre du jour, elle pourrait même être étendue aux professions libérales.


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