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Pourquoi les lycées ne vont pas accueillir tous les élèves, contrairement aux écoles et collèges

Des élèves de Terminale dans un lycée en Martinique (illustration)

Des élèves de Terminale dans un lycée en Martinique (illustration) - PATRICE COPPEE / AFP

Emmanuel Macron a annoncé dimanche que les écoles et collèges devraient à compter de lundi prochain accueillir tous les effectifs d'élèves "de manière obligatoire".

C'est une mesure marquante de l'allocution d'Emmanuel Macron prononcée ce dimanche: "Dès demain en Hexagone comme en Outre-mer, les crèches, les écoles, les collèges se préparent à accueillir à partir du 22 juin tous les élèves de manière obligatoire et selon les règles de présence normales", a indiqué le chef de l'État, omettant à dessein les lycées.

À ce jour, les lycées situés en "zone verte" avaient déjà en partie rouvert leurs portes dans le cadre de la deuxième phase du déconfinement de la population, entamée début juin. À présent, toute la France métropolitaine relève de cette classification. En outre-mer, la Guyane et Mayotte demeurent en zone orange en raison de la circulation active du Covid-19 dans ces territoires.

Application des règles de la zone verte

Théoriquement, tous les lycées métropolitains peuvent donc à nouveau accueillir du public. Mais ils n'auront donc pas d'obligation, contrairement aux écoles et collèges, de recevoir tous leurs élèves.

"Cela signifie que ce sont les règles de la zone verte qui s'appliquent désormais en Île-de-France (nouvellement classée en zone verte, ndlr) et puisqu'on a, si je puis dire, l'énergie cinétique de ce qui s'est passé depuis maintenant trois semaines, autrement dit le fait que les lycées professionnels ont déjà bien rouvert et s'agissant des lycées généraux et technologiques, il y a encore une montée en puissance", a estimé Jean-Michel Blanquer ce lundi matin sur Europe 1. 

Une reprise épidémique davantage crainte au lycée

Pour expliquer la différence de régime entre lycées d'un côté et écoles et collèges de l'autre, Jean-Michel Blanquer s'appuie sur "des raisons sanitaires et pédagogiques", sans détailler davantage, qui justifient la "vision différente de ce qui se passe au lycée".

Selon des précisions du cabinet du ministre de l'Éducation nationale, communiquées dimanche soir à BFMTV, il existe une plus grande crainte de reprise épidémique chez les lycéens en raison du brassage des élèves, qui est plus important que dans les autres niveaux.

Régime plus souple

À ce jour, les mesures concernant les lycées en zone verte imposaient la réouverture d'au moins un niveau scolaire, tels que les secondes, premières ou terminales, avec un protocole sanitaire strict. C'est donc ce même régime qui s'appliquera aux nouveaux établissements habilités à ouvrir.

"C'est un moment un peu particulier pour les lycées, où on peut faire beaucoup plus de personnalisation donc les élèves peuvent être accueillis, reçus, avoir des cours en petits groupes et donc les lycées prennent des initiatives en la matière", a également détaillé Jean-Michel Blanquer sur Europe 1 ce lundi.

En ce sens, des lycées situés en zone verte avaient mis l'accent sur les adolescents dits prioritaires, tels que ceux devant préparer l'oral de rattrapage du baccalauréat, après avoir obtenu une moyenne générale annuelle oscillant entre 8 et 9,99 sur 20. Dans un lycée toulousain, où BFMTV s'est rendu vendredi, 60 élèves, sur les 16 classes de terminale, ont bénéficié de cet accompagnement spécial.

Clarisse Martin