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Pourquoi les IVG sont en hausse chez les ados

En 2010, 15.000 avortements ont été pratiqués sur des mineures, alors que le nombre total d'IVG, lui, n'augmente pas : 227.000 en 2009.

En 2010, 15.000 avortements ont été pratiqués sur des mineures, alors que le nombre total d'IVG, lui, n'augmente pas : 227.000 en 2009. - -

Défaut d'éducation à la sexualité, difficultés d'accès à la contraception : le nombre d'avortements ne cesse d'augmenter chez les adolescentes en France. Inquiets, des spécialistes proposent des solutions.

En 2010, 15.000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été pratiquées sur des jeunes filles mineures en France, alors que la contraception est largement diffusée, et que le nombre total d'IVG, lui, n'augmente pas (227.000 en 2009).
En cause, d'après les spécialistes : l'absence d'éducation à la sexualité à l'école, qui devrait intervenir à partir du CP selon la loi du 4 juillet 2001. En réalité, la première séance n'intervient souvent qu'en 4e ou 3e, en cours de SVT (Sciences et vie de la terre).

« Dès la 6e, on se pose des questions »

Youssra a 16 ans. Elle est au Planning familial de Paris, car elle est enceinte et a décidé de garder son bébé. Mais selon elle, l'information sur la sexualité devrait intervenir plus tôt à l'école : « Quand j’étais en 3e moi j’étais encore vierge, mais il y avait des filles de ma classe qui, elles, en avaient depuis 2 ans déjà. Donc, à l’entrée en 6e, vers la préadolescence, on se pose des questions, avec les garçons, tout ça… Même si on n’a pas de rapports, on a des questions dans la tête et on n’a personne à qui les poser si on ne peut pas en parler avec nos parents. »

« Grâce à "info ado", on n’a plus de grossesse non souhaitée »

Le professeur Israël Nisand, gynécologue au CHU de Strasbourg, a réussi à diviser par deux le nombre d’IVG chez les adolescentes grâce au système "info ado" : « On a mis les généralistes autour d’un gynécologue pour intervenir dans les écoles. Les jeunes savent que quand ils vont voir ces médecins-là, ils ne sont pas examinés. Le médecin est payé par la Sécurité sociale en direct, sans information des parents. Il met un tampon "info ado" sur l’ordonnance. Les pharmaciens ont joué le jeu : quand ils voient une ordonnance "info ado", ils ne gardent pas la jeune au comptoir – parce qu’on est en zone rurale –, ils délivrent gratuitement préservatifs et contraceptifs. Et il n’y a plus de grossesse non souhaitée dans la vallée de la Bruche [67, Bas-Rhin]. »

La Rédaction, avec Claire Andrieux