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Polytechnique: un rapport dénonce la stratégie floue de l'école

Le rapport parlementaire remet également en cause la pertinence du lien entre Polytechnique et la Défense.

Le rapport parlementaire remet également en cause la pertinence du lien entre Polytechnique et la Défense. - Stéphane de Sakutin - AFP

Dans un rapport rendu ce mardi, le député UMP François Cornut-Gentille dénonce le budget en hausse de cette grande école et le manque de direction claire donnée à l'établissement.

Pourquoi la prestigieuse Polytechnique, surnommée "X", traîne-t-elle en 70e place du classement Times des écoles? Et pourquoi le budget de cette grande école était-il en hausse en 2013, en pleine période d'austérité? Un rapport parlementaire intitulé "L'X dans l'inconnu" et présenté ce mardi en commission des finances de l'Assemblée nationale, questionne la stratégie de l'Etat.

L'auteur du rapport, le député UMP François Cornut-Gentille, s'est intéressé à l'école en sa qualité de rapporteur du budget de la Défense, dont dépend Polytechnique. La controverse de la "pantoufle", ces 31.000 euros touchés par les élèves pendant leurs études, a attiré son attention.

"Ils sont censés les rembourser s'ils ne s'engagent pas ensuite au service de l'Etat pendant dix ans après l'école. Or, depuis 2000, il suffit d'enchaîner avec un doctorat pour ne rien rembourser", dénonce-t-il dans une interview à Ouest-France.

"Former les forces spéciales de la mondialisation"

La direction de l'école a déjà fait remarquer qu'un prochain décret allait régler la question. Mais le député n'en démord pas: "L'X est une très belle école, mais il lui manque une feuille de route claire de l'État", déclare-t-il au Figaro.

Selon l'élu, l'école, qui avait pour mission dans les années 1980 de "former les 'officiers de la guerre économique'", devrait aujourd'hui "former les forces spéciales de la mondialisation".

Dans son rapport, François Cornut-Gentille envisage même de ne plus faire dépendre l'école de l'administration militaire. Plus précisément, le député dénonce l'influence de certains anciens élèves sur la direction prise par l'école. Il a d'ailleurs préféré travailler seul, et avoue au Nouvel Observateur qu'il n'a jamais eu à faire face à autant de pressions.

J.S