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"Plus on attend et plus c'est dur": le désarroi de l'étudiante qui a interpellé Macron

Heïdi Soupault, 19 ans et étudiante à Sciences Po Strasbourg, a écrit à Emmanuel Macron sur le mal-être étudiant en raison de la pandémie. Une "bouteille à la mer" à laquelle a répondu le président de la République, appelant la jeunesse à "encore tenir".

Surprise, mais déçue. Heïdi Soupault, l'étudiante strasbourgeoise qui a interpellé Emmanuel Macron dans une lettre, réagit ce samedi matin sur BFMTV à la réponse du président de la République.

"C'est quand même assez incroyable, on a eu la considération qu'on voulait dans le sens où ça ne peut pas être entendu plus haut", admet l'étudiante de Science Po Strasbourg, même s'il ne s'agit pas de la réponse qu'elle attendait. "Je ne peux pas m'empêcher d'être déçue", déplore Heïdi Soupault qui affirme comprendre cette réponse difficile.

Dans un courrier en date du vendredi 15 janvier 2021, Emmanuel Macron a admis que la pandémie vole beaucoup à la jeunesse. "Je vous le dis en franchise: il va falloir tenir", écrit le chef de l'État qui souligne néanmoins que les étudiants en première année pourront reprendre les travaux dirigés par demi-groupe.

"Il y a une sorte de mollesse qui s'installe"

Une mesure qui concernera directement Heïdi Soupault qui estime cependant que le deuxième semestre "sera le même qu'avant". Un mal-être qui se traduit parfois par des drames comme l'ont été les deux tentatives de suicide survenues dans la sphère étudiante lyonnaise.

"Je comprends qu'on puisse arriver à en avoir des idée noires [...] il va y avoir malheureusement d'autres étudiants qui risquent de craquer car beaucoup sont à bout", assure l'étudiante de 19 ans, "cela va être compliqué mais on va essayer de tenir".

Mais l'après crise sanitaire inquiète tout autant Heïdi Soupault qui souligne que l'isolement des jeunes, loin de leur famille et de leurs amis parfois, constitue une véritable douleur psychologique.

"Au niveau des habitudes, c'est là que c'est dur. Pour beaucoup d'étudiants on s'est comme formé un cocon... Plus on attend et plus c'est dur parce qu'il y a une sorte de mollesse qui s'installe", relève l'étudiante strasbourgeoise en concluant que retourner à l'extérieur faisait pour beaucoup "un peu peur".
Hugues Garnier Journaliste BFMTV