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"Plus jamais ça": à Saint-Denis, une marche pour Luigi, tué dans une fusillade

Luigi, un adolescent de 16 ans, avait été tué lundi dans une fusillade à Saint-Denis.

"Toute la ville est choquée": environ 400 personnes ont participé ce samedi à Saint-Denis à une marche blanche en mémoire de Luigi, un adolescent de 16 ans tué lundi dans une fusillade sur fond de rivalité entre cités.

Parmi les manifestants, beaucoup d'adolescents en larmes, vêtus d'un tee-shirt blanc où était écrit au-dessus d'un coeur rouge: "Luigi repose en paix". "Ca touche tout le monde, c'est grave ce qu'il s'est passé", dit à l'AFP Joséphine, 20 ans, étudiante en médecine et habitante d'une cité voisine. "J'espère que ça va faire réfléchir et que tout le monde va s'apaiser", ajoute la jeune fille.

"J'espère que tout le monde va s'apaiser"

Le cortège, totalement silencieux, est parti de la cité Joliot-Curie, d'où était originaire le jeune homme, et s'est rendu à quelques centaines de mètres de là, cité Romain-Rolland, où il a été tué par balles lundi soir. Sur place, des étuis de calibre 7,62 mm ont été retrouvés - laissant penser à des tirs de Kalachnikov -, ainsi que des battes de base-ball et des barres de fer.

D'après les premiers éléments, le garçon, scolarisé en lycée pro, est mort lors d'une "expédition punitive" dans le cadre de "rixes régulières" entre les deux cités et dont la cause reste "obscure", a dit à l'AFP une source proche de l'enquête. Un autre jeune de 16 ans, blessé à la cuisse dans la fusillade, et qui avait été placé en garde à vue a été remis en liberté vendredi. Il n'y a pas eu d'autres interpellations. 

"Toute la ville est choquée"

En tête du cortège, les parents de Luigi, vêtus d'un tee-shirt avec la photo de leur fils, ont marché enlacés. A l'arrivée de la marche, sa mère s'est effondrée en pleurant sur le trottoir où le jeune garçon est décédé.

"Toute la ville est choquée", dit à l'AFP Kevin, 24 ans, pendant que des dizaines de jeunes et leurs parents viennent déposer des roses blanches. Surveillant dans le collège du quartier, il confie son désarroi: "Les petits on leur parle, mais j'ai l'impression qu'on a plus la même autorité qu'avant". "On n'arrive pas à avoir de prise sur ces gamins, qui passent pour certains de collège en collège après avoir été exclus, et à leur proposer autre chose que ces histoires de bandes", ajoute Marisa, enseignante.

Présent dans le cortège avec d'autres élus locaux, Bally Bagayoko, maire-adjoint (LFI), a dit espérer que cette marche entre les deux quartiers montre le "chemin du pardon, de la réconciliation, du plus jamais ça".

Cy.C avec AFP