BFMTV

Plus de 100 fausses poussettes "Yoyo" dangereuses saisies par les douanes

Les contrefaçons des poussettes "Yoyo" se sont révélées dangereuses.

Les contrefaçons des poussettes "Yoyo" se sont révélées dangereuses. - BFMTV.com - J.C.

La douane française a saisi plus de 120 fausses poussettes "Yoyo" en provenance de la Chine imitant le modèle haut de gamme de l'entreprise française Babyzen. Outre la contrefaçon, les autorités mettent en garde contre la dangerosité de ces produits.

Légère, ultra-compacte, facile à plier et à déplier... Depuis 2012, la poussette "Yoyo" est devenue l'objet de convoitise de nombreux jeunes parents, dont beaucoup ont cédé à la tentation. Les citadins plébiscitent l'aspect pratique - elle passe les portiques du métro - les voyageurs, la petite taille - elle est acceptée dans les avions comme bagage en cabine.

Avec ce modèle, l'entreprise française Babyzen connaît un succès florissant, mais aiguise les convoitises, au point que des contrefaçons siglées "Yoya" sont en circulation.

La fausse bonne affaire

Depuis cet été, plus de 120 poussettes contrefaites ont été saisies au centre de tri postal de Chilly-Mazarin, dans l'Essonne. Une première dans l'espace communautaire européen réalisée dans ce vaste entrepôt de la banlieue parisienne où la douane a installé une partie de ses effectifs. Toutes provenaient de Chine, où sont également produites les originales. Fabriquées dans des usines locales, les "Yoya" sont vendues sur le marché chinois mais aussi sur des sites internet comme Le Bon Coin ou Aliexpress pour l'export.

"Les personnes qui achètent ces produits pensaient faire une bonne affaire mais elles se trompent", déplore Karine Boris-Treille, responsable du Pôle Action Economique de la direction des douanes Paris-Ouest, qui appelle à une "prise de conscience collective".

Des contrefaçons en vente à distance

Depuis quelques mois, les jeunes parents pouvaient trouver sur ces sites des poussettes à environ 200 euros quand le prix de l'originale débute à 389 euros. "Vous mettez ce qu'il y a de plus cher à vos yeux dans cette poussette", rappelle Julien Chaudeurge, le PDG de Babyzen qui détient le brevet pour la "Yoyo". "Et ce produit ne passe aucun test et ne respecte aucune norme".

Les autorités françaises ont été alertées dès 2015, par une demande d'intervention émanant de la PME française basée à Aix-en-Provence, de l'existence de ces contrefaçons dont les mérites étaient vantés, en toute connaissance de cause, par des blogueurs. A la fin de l'été dernier, les douanes ont assisté "à une arrivée de poussettes pour des particuliers clairement issues de la vente à distance", détaille Karine Boris-Treille. A l'intérieur des cartons rectangulaires marqués d'inscriptions chinoises qui passent entre les mains des douaniers installés dans le centre de tri situé en Essonne, des poussette. Toutes avec le sigle "Yoya".

"Ils ne se sont pas trop creusés la tête pour trouver un nom original", ironise Julien Chaudeurge. "Mais ils font croire qu'on autorise ce produit alors que ce n'est pas le cas."

Risque d'étranglement

Outre le préjudice financier pour l'entreprise, qui a écoulé entre 80.000 et 100.000 poussettes en France en quatre ans, et le préjudice pour son image, les contrefaçons se révèlent dangereuses pour les utilisateurs, mais surtout pour les enfants installés dans ces poussettes.

"Le risque le plus grave c'est l'étranglement", détaille François Lacroix, du Service commun des laboratoires qui a procédé au test des poussettes "Yoya". Des risques d'étranglement à cause des sangles mal fixées, mais aussi "un rivet (qui) a explosé lors des tests de roulage" ou un manque d'avertissements et d'information, avec une notice écrite en chinois.

Aujourd'hui, la société Babyzen a intenté 25 procès en Chine mais n'a pas souhaité poursuivre les blogueurs ayant fait de la publicité pour la copie de leur poussette, ni les clients qui se seraient procurés ces contrefaçons, en connaissance de cause ou non. Certains reconnaissant volontiers avoir été trompés par les photos sur les sites internet. Les douanes, elles, vont procéder à la destruction de la centaine de poussettes saisies.
Justine Chevalier