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Philippe Tesson: "Les musulmans ont un problème avec la laïcité"

Philippe Tesson à Paris, le 13 mars 2012.

Philippe Tesson à Paris, le 13 mars 2012. - Jacques Demarthon - AFP

Visé par une plainte pour  "incitation à la haine et injures publiques", l'ex-chroniqueur du Point, Philippe Tesson, a exprimé jeudi des "regrets" sur France Inter après ses propos sur les musulmans, tout en maintenant n'avoir "pas complètement tort sur le fond" . Mardi 13 janvier, il évoquait les "musulmans qui amènent la merde en France".

"Je conviens que c'est un dérapage. Les dérapages, par définition, ce sont des choses qui vous échappent", s'est justifié jeudi matin Philippe Tesson, ex-chroniqueur au Point, sur France Inter. Dans le même temps, le journaliste persiste et signe sur le fond de ses propos sur les musulmans, tenus sur Europe 1 le 13 janvier dernier.

La saillie avait heurté le public au point qu'une plainte a été déposée contre lui pour "incitation à la haine, injures publiques envers une communauté religieuse et diffamation". Le parquet de Paris a ensuite ouvert une enquête. Il faut dire que sa diatribe lancée à l'encontre des "musulmans qui amènent la merde en France" et qui auraient "un problème avec la laïcité" était intervenue dans un contexte de tension extrême, six jours seulement après l'attentat contre Charlie Hebdo, et alors que les actes antimusulmans amorçaient une recrudescence sans précédent.

"J'ai peut-être été trop moi-même?", s'interroge Philippe Tesson

L'ancien patron du Quotidien de Paris (1974-1996) répète aussi qu'il "regrette" s'il a "blessé quiconque". "Pas un instant dans ma vie je n'ai parlé ni pensé en islamophobe, il n'y a pas la moindre haine dans mon esprit", s'explique-t-il.

Mais Philippe Tesson ne s'amende que partiellement et ne reconnaît finalement qu'un problème de forme: "J'ai peut-être été trop moi-même, c'est la forme ou le fond dont on parle?" Et de réitérer: "Sur le fond, je crois que je n'ai pas complètement tort: les musulmans ont un problème avec la laïcité".

L'"émotion" et la "colère" en justification

Comme argument supplémentaire justifiant sa charge, Philippe Tesson avance son ressenti d'après les attentats. "Je n'hésite pas utiliser un verbe un peu violent, un peu cru, en partie justifié ici par la colère et l'émotion".

Son fils, l'écrivain Sylvain Tesson, avait déjà évoqué mardi des déclarations qui ont "probablement dépassé la pensée" sous le coup "d'un emportement". "Il y a peut être d'autres urgences que de réduire au silence quelqu'un qui s'est livré à un emportement", avait-il ajouté sur Europe 1. "Je ne vois pas très bien comment on pourra accréditer le fait qu'il s'agit d'une incitation à la haine raciale dans la mesure où il parlait d'une religion, d'une philosophie religieuse, d'une vision du monde, d'une vision de civilisation", avait également avancé Sylvain Tesson en soulignant que "les musulmans ne sont pas une race".

David Namias