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Petit-Quevilly: un gang d'ados soupçonnés de tortures

Les faits présumés se sont déroulés dans une de ces cités HLM au Petit-Quevilly.

Les faits présumés se sont déroulés dans une de ces cités HLM au Petit-Quevilly. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Onze jeunes gens, âgés de 15 à 20 ans, sont suspectés d'avoir terrorisé les habitants d'une cité HLM durant deux ans, et d'avoir torturé tour à tour une dizaine d'hommes seuls et vulnérables.

Au Petit-Quevilly, dans l'agglomération de Rouen, les habitants d'une cité HLM sont sous le choc. Une dizaine d'entre eux ont vécu un véritable calvaire entre janvier 2012 et ce début d'année, torturés dans leur propre appartement par une bande de jeunes. Onze suspects, âgés de 15 à 20 ans, ont été arrêtés et mis en examen, rapporte le journal Paris-Normandie, qui révèle l'affaire.

Les victimes de ces sévices ont un point commun: ce sont toutes des hommes, vulnérables et seuls, "pour la plupart placées sous curatelle, et dans une situation de précarité intellectuelle et sociale", raconte le journal. Leurs bourreaux présumés, eux, ont été mis en examen pour "tentative d'homicide", "séquestration", "extorsion aggravée" et "vol avec violences". Dans l'attente d'un procès, six ont été écroués, et les cinq autres ont été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Un scénario inimaginable

Retour sur les faits. Les membres de ce nouveau "gang des barbares" ont tous grandi dans cette cité HLM, bien entretenue, rapporte Paris-Normandie, où les gens se connaissent tous de vue. Les voyous présumés auraient donc su d'instinct à quel locataire s'attaquer, choisissant des hommes "un peu faibles d'esprit", "qui aiment bien l'alcool", explique une source proche de l'enquête au journal régional.

"Ils faisaient alors copain-copain, ramenaient une bouteille, et investissaient l'appartement progressivement. Ensuite, ils s'appropriaient les lieux. Ils se servaient dans le frigo, dormaient dans le canapé, taguaient les murs, urinaient dans le salon... L'hôte désigné n'avait pas le droit de sortir, il était enfermé dans son propre logement, puis il était frappé", poursuit en substance la source.

Côtes brisées, douches glacées

Au fil des mois, le petit gang changeait de cible et d'appartement, montant crescendo en violence. Douches glacées, brûlures de cigarettes, enfermement dans un placard, humiliations, alcoolisation forcée, côtes brisées, les témoignages sont terribles. Selon les premiers éléments de l'enquête, les victimes auraient également été dépouillées financièrement, raconte Paris-Normandie. La dernière victime en date, un homme d'une quarantaine d'années, qui a permis le déclenchement d'une procédure et qui a subi les pires supplices pendant 15 jours, s'est ainsi vu prescrire 45 jours d'ITT.

Après plusieurs mois d'enquête, sur commission rogatoire d'un juge d'instruction, le leader présumé du groupe a été identifié, et les rôles de chaque membre de la bande identifiés. Agé de 17 ans et connu de la police et de la justice, le jeune meneur vivait avec sa mère et ses frères dans la cité. Tous encourent jusqu'à 25 ans de réclusion criminelle.

Alexandra Gonzalez I vidéo: Camille Bourleaud et Guillaume Garet