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Perpétuité : Fourniret et les autres

Il risque la perpétuité incompressible. Verdict le 28 mai.

Il risque la perpétuité incompressible. Verdict le 28 mai. - -

Le 28 mai, Michel Fourniret risque la "prison à vie". Il pourrait en effet rejoindre "Pierrot le fou", l'un des 2 seuls condamnés français à la perpétuité incompressible.

En France, au 1er avril 2005, il y avait 542 réclusions criminelles à perpétuité, soit 1,4% de l'ensemble des détenus du territoire. Ces condamnés à perpétuité purgent en moyenne 23 ans de leur peine. Pour 430 meurtres annuels, il y a chaque année en France 25 condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité. En 2007, 16 condamnés à perpétuité ont obtenu une libération conditionnelle.

Mercredi 28 mai, le procès de Michel Fourniret pourrait aboutir à la condamnation de ce dernier à la perpétuité incompressible. C’est la peine la plus sévère du code pénal français : pendant 30 ans, toute modalité d'aménagement de peine (liberté conditionnelle, permissions...) est écartée. Au bout de cette période, un tribunal d'application des peines, constitué par un collège de 5 magistrats, se réunit et, sur la base des expertises menées par 3 psychiatres, peut alors statuer sur le reliquat de peine et, le cas échéant, le déverrouiller.

En France, seules 2 personnes ont subi cette peine, depuis son institution en février 1994 :

Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou"
Condamné en juillet 2007 Par la Cour d'Assises du Bas-Rhin A la réclusion criminelle à perpétuité Assortie d'une peine incompressible de 30 ans Pour 3 meurtres, 2 viols et 2 enlèvements.

Christian Beaulieu
Condamné en décembre 2007 Par la Cour d'Assises de la Nièvre, à Nevers A la réclusion criminelle à perpétuité Assortie d'une peine incompressible de 30 ans Pour avoir violé et tué Mathias, 4 ans, en mai 2006, à Moulins-Engilbert dans la Nièvre.

Si Michel Fourniret écope de la perpétuité incompressible, sa seule chance de libération avant l'an 2030 (2030 et non 2038 car il faut soustraire les années de prison faites avant, il aura alors 88/89 ans), serait la libération pour cause de santé ou de fin de vie. Celle-ci pourrait toutefois être refusée en cas de "risque grave de renouvellement de l'infraction", certainement plaidé, à en croire ses avocats, convaincus "qu'il ne sortira que les pieds devant".

Juliette VINCENT