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Paris: une réouverture des marchés sous haute surveillance

Les marchés de la capitale rouvrent dès ce mardi. Mais de nombreuses garanties ont été demandées par la mairie de Paris aux commerçants, qui doivent respecter un certain nombre de mesures sanitaires.

Aligre, Barbès... Au tout début du confinement, en mars dernier, ces marchés alimentaires parisiens avaient été vivement critiqués. Face au non-respect des gestes barrières et de la distanciation sociale, ils avaient rapidement été fermés. Au lendemain du début du déconfinement, les marchés de Paris ont enfin l'autorisation de rouvrir, mais sous-haute surveillance.

"Il faut que ça se passe dans de bonnes conditions. Tout le monde doit faire attention: les commerçants, les clients. On a pris un certain nombre de mesures de réorganisation de nos marchés", a ainsi déclaré sur BFM Paris ce mardi Olivia Polski, adjointe à la mairie chargée du commerce.

Des mesures sanitaires qui ont notamment été mises en place au marché de Belleville, dans le 11e arrondissement de la capitale, l'un des premiers à accueillir de nouveau des clients ce mardi matin. Les commerçants y ont par exemple déployé du film plastique devant leurs étals, pour ne plus être en contact direct avec les acheteurs, qui n'ont d'ailleurs plus le droit de toucher les produits. Certains vendeurs mettent également du gel hydroalcoolique à disposition de leurs clients, pour qu'ils puissent se laver les mains.

À Belleville, des agents de sécurité sont aussi chargés de réguler les entrées et sorties. En cas de trop grosse affluence, un sens de circulation signalé par un marquage au sol doit donc être respecté par les acheteurs. Les vendeurs sont également plus espacés les uns des autres, et leur nombre a été revu à la baisse pour permettre une distanciation suffisante entre les étals. Autant de dispositifs qui doivent désormais être appliqués sur l'ensemble des marchés parisiens.

"Il y a de l'espace, une très bonne organisation"

Malgré ces dispositions sanitaires, la mairie de Paris craint-elle de nouvelles cohues sur les marchés dans les jours à venir, maintenant le déconfinement prononcé? "C'est une incertitude, on ne sait pas à ce stade qui va avoir envie de revenir. Nous, la mairie, on va être extrêmement attentifs, avec le préfet de police", assure Olivia Polski.

"On sait qu’il a été obligé de prendre des mesures hier, quand il y a des excès" ajoute-elle, faisant référence à l'interdiction de consommer de l'alcool sur les bords de Seine. "On espère que ça ne sera pas le cas sur les marchés de Paris. Les Parisiens ont envie de les retrouver, les commerçants ont hâte de pouvoir retravailler. Donc il faut que tout ça se passe en bonne intelligence et que tous les gens puissent être attentifs à leurs comportements."

S'il ne s'agit que du premier jour de réouverture des marchés dans la capitale, leur nouvelle organisation est pour le moment saluée par les clients - encore peu nombreux - interrogés ce mardi par BFM Paris. 

"Il y a de l'espace, une très bonne organisation, je suis contente", confie une Parisienne. "La circulation s'organise bien, presque tout le monde a des masques ou des visières", remarque un autre acheteur ayant fait le déplacement pour la réouverture du marché de Belleville.

"On est heureux de revoir nos clients"

De leur côté, les commerçants ne cachent pas leur joie de retravailler, à l'image d'Hassan, pour qui la fermeture des marchés durant près de deux mois a été "très compliquée", avec "beaucoup de sorties" d'argent mais "peu de rentrées".

"Au bout de deux mois de confinement, on est très heureux de reprendre, de revoir nos clients", assure le boucher. Après, on ne sait pas comment vont se mener les affaires. Mais être là c’est le plus important."

Malgré le début du déconfinement, la mairie de Paris souhaite pour l'instant limiter l'affluence sur les marchés de la ville. Le système de "drive" mis en place il y a quelques semaines est donc pour l'instant maintenus. Les Parisiens qui souhaiteraient continuer de réserver leurs produits alimentaires en ligne pour ensuite les retirer sur les marchés peuvent donc toujours avoir recours à ce service.

Juliette Mitoyen