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Paris: des extensions de terrasses créent des tensions entre restaurateurs et taxis

Certains professionnels de la restauration de la capitale ont réalisé des extensions de leurs terrasses sur des places réservées aux taxis, générant des tensions avec les principaux concernés. Les restaurateurs eux, se plaignent de menaces.

Dans certains quartiers de Paris, la tension monte entre les restaurateurs et les chauffeurs de taxis. Ces derniers reprochent à certains professionnels du secteur la mise en place de terrasses provisoires sur des places destinées aux taxis. 

Valérie Laborde, co-gérante de la brasserie Les deux Coupoles, dans le 17e arrondissement, avait installé quelques tables, des chaises et des parasols face à la devanture de son établissement, sur deux emplacements au pied d'une borne de taxis. De quoi déclencher l'ire des professionnels de la route.

"Les taxis ont réagi très violemment, en nous menaçant verbalement par téléphone et en attaquant également nos réseaux sociaux", témoigne la restauratrice au micro de BFM Paris.

Plusieurs dizaines d'avis négatifs sur internet

Dans le 7e arrondissement, Sébastien Boudou, gérant de la brasserie Le Solférino, avait demandé à décaler la file réservée aux taxis pour faire respecter les règles de distanciation. Depuis, il déclare avoir reçu pas moins de 60 avis négatifs sur internet, émanant de chauffeurs de taxis, quand un autre lui promet de "klaxonner tous les jours" devant son établissement.

"Ils ne sont pas venus me voir personnellement pour m'expliquer leur point de vue, qu'on puisse dialoguer et partager une solution, regrette l'intéressé au micro de BFM Paris. S'il n'y a pas de solution, j'aurais retiré (la terrasse). Ce n'est pas utile d'harceler les gens comme ça."

"C'est un lieu de travail"

De leur côté, les chauffeurs de taxis soulignent l'importance de ces files dans leur travail. Des emplacements qu'ils paient jusqu'à 75 euros par trimestre. "La station de taxi, c'est comme un bureau. C'est un lieu de travail, développe Pascal, porte-parole du syndicat LUT. On a besoin de stationner pour attendre nos clients." 

"On va essayer de parler entre nous, de lui remonter sa note, affirme un autre chauffeur, qui ne partage pas la méthode employée par certains de ses collègues. C'est un mauvais dialogue, c'est une mauvaise compréhension."

La mairie précise bien sur son site que les restaurateurs doivent laisser libres les places réservées aux taxis, aux livreurs et aux personnes handicapées.

Florian Bouhot