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 Pâques: la ministre Agnès Pannier-Runacher invite les Franciliens à acheter "chez les petits artisans"

Les chocolatiers d'Ile-de-France s'attendent à un très mauvais chiffre d'affaires pour Pâques, une période d'ordinaire très lucrative pour eux.

Ils ont pris soin de paufiner leurs vitrines, mais cela risque bien de ne pas être suffisant. Alors que Pâques approche à grands pas, les chocolatiers franciliens font grise mine. Depuis le début du confinement, nombre de leurs clients ont en effet délaissé leurs boutiques pour regrouper leurs achats et les effectuer presque exclusivement dans les grandes surfaces.

Même Patrick Roger, grand nom de la chocolaterie parisienne, a dû placer 60% de ses employés en chômage partiel. Sur les dix boutiques que possède l'artiste spécialiste du chocolat, seules deux restent ouvertes pendant ce confinement, absence de clients oblige.

Interviewée sur BFM Paris ce mardi, la secrétaire d'État à l'économie Agnès Pannier-Runacher a ainsi appelé tous les Franciliens à soutenir les artisans locaux en privilégiant autant que possible leurs achats dans les petits commerces.

"On est à quelques jours de Pâques. Si chacun prenait le temps d'organiser ce repas et ce moment festif en allant acheter chez des commerçants de proximité, en commandant chez des petits artisans chocolatiers ou chez des traiteurs, ça rendrait un fier service et ce serait l'occasion de célébrer les savoirs-faire français", a déclaré la secrétaire d'État.

"Une catastrophe économique" à venir

En attendant, Patrick Roger a tout de même tenté de s'adapter à cette situation à quelques jours des fêtes de Pâques et a mis en place un système de livraison à domicile. Mais ce dispositif a ses limites.

"On va dans Paris, on fait du porte-à-porte, mais c'est long", témoigne le chocolatier au micro de BFM Paris. "On livre quatre à cinq clients par heure, maximum. Donc ça va vraiment lentement."

L'artisan ne croit donc pas à un miracle de Pâques et s'attend à une forte baisse de son chiffre d'affaires. "C'est une catastrophe économique", assure Patrick Roger. "On ne peut pas se relever tout seul."

Au micro de BFM Paris, un autre chocolatier de la capitale assure qu'outre le manque de clients, les consignes de distanciation agacent parfois les quelques acheteurs restants qui font le déplacement.

"On s'est aperçus que des personnes perdaient patience, explique Stéphane Krasevec, artisan chocolatier. Du coup, on a réfléchi à envoyer une vendeuse dehors, pour prendre les commandes, les préparer à l'intérieur pour qu'il y ait un flux de rotation correct, sans faire attendre chaque personne une demi-heure."

Mais ces quelques astuces ne devraient pas suffire à remplir les caisses des chocolatiers d'Ile-de-France en cette période de Pâques, qui est d'ordinaire la plus lucrative pour eux.

Juliette Mitoyen