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Opposants au pass sanitaire et gilets jaunes maintiennent la pression contre le gouvernement

161.000 manifestants ont été recensés par le ministère de l'Intérieur. Les opposants à la politique vaccinale du gouvernement, ainsi que les gilets jaunes, ont montré qu'ils étaient en capacité de mobiliser, pour ce deuxième samedi de manifestation.

Ils étaient 114.000 samedi dernier et sont passés à 161.000 manifestants ce samedi. Les opposants au pass sanitaire et les gilets jaunes se sont de nouveau mobilisés en masse ce samedi pour s'opposer à la politique vaccinale de gouvernement. Aux quatres coins de la France, la "liberté, liberté" a été scandée dans la rue.

11.000 manifestants à Paris, des tensions sporadiques

Les rassemblements les plus importants ont eu lieu à Paris, mais aussi à Marseille, Nice et Montpellier. Dans la capitale, où 11.000 manifestants étaient présents selon l'Intérieur, les cortèges se sont scindés en trois groupes distincts.

Essentiellement constitué de gilets jaunes, un premier cortège a défilé de la Bastille à la Porte de Champerret (XVIIe arrondissement). En chemin, des incidents sporadiques ont opposé policiers et manifestants dans le IXe arrondissement, puis à proximité des Champs-Elysées après la dispersion. Face à la foule, les policiers ont du faire demi-tour avant d'intervenir à l'aide de lanceurs d'eau. Neuf personnes ont par la suite été interpellées.

Sur la place du Trocadéro (XVIe), plusieurs milliers de personnes, rarement masquées, se sont réunies à l'appel de Florian Philippot. Entre deux "Marseillaise", le Président des patriotes, ex-numéro 2 du Rassemblement national, a dénoncé "l'apartheid" que met en place l'exécutif, appelant à faire tomber "le tyran" Macron.

"Liberté, liberté", ont scandé les manifestants venus de Paris et de province, regroupés autour d'une estrade, entourée de dizaines de drapeaux bleu-blanc-rouge.

Enfin, un millier de personnes a rejoint la place des Invalides, venant des abords du Conseil d'Etat (Ier).

Une forte mobilisation dans le sud de la France

En dehors de Paris, des rassemblements ont lieu dans plus d'une centaine de villes en France, avec pas moins de 168 actions recensées par le ministère de l'Intérieur.

A Marseille, un cortège de 4300 personnes, selon la police, a défilé dans le centre. "Je ne ferai pas l'injection", a lancé Sandra, une infirmière de 49 ans qui refuse de donner son nom. "Notre pays devient totalitaire", juge pour sa part Jean-Claude Dib, 71 ans, chauffeur routier à la retraite qui se dit "prêt à rendre coup pour coup".

A Nice, 6000 personnes selon la police - réfractaires au pass sanitaire, anti-vaccins, "gilets jaunes" et opposants au président Macron -, ont défilé dans le centre et sur la Promenade des Anglais, autour d'un même mot d'ordre: "liberté".

Enfin, à Montpellier, 5000 manifestants selon la préfecture ont investi la place de la Comédie aux cris de "liberté" et "à bas la dictature sanitaire", avant de défiler dans le centre. 2.000 personnes ont défilé à Toulouse et Perpignan, et environ 1.000 à Foix (Ariège). Au moins une dizaine de rassemblements ont lieu en Auvergne-Rhône-Alpes où la manifestation la plus importante a réuni 3500 personnes à Annecy, selon la préfecture.

A Lyon, moins de 2000 personnes, divisées en deux cortèges, ont défilé. Les forces de l'ordre ont essuyé des jets de projectiles à proximité de la Place Bellecour où la manifestation avait été interdite. Cinq personnes ont été interpellées, selon la préfecture auprès de BFMTV.

Des "blouses blanches" dans le cortège à Strasbourg

Dans la région Grand Est, environ 4000 personnes ont manifesté à Strasbourg, selon la police. Quelques "blouses blanches" dans le cortège, parmi elles Elodie, aide-soignante de 34 ans, a dénoncé "le chantage sur les soignants envoyés en première ligne" et qu'on "menace" maintenant de "ne plus payer" et de "virer".

Des manifestations ont également eu lieu, entre autres dans le Nord, à Lille (2.000), Dunkerque (environ 400), Amiens (700). Dans l'Ouest, 4.000 personnes ont défilé à Nantes où des incidents ont eu lieu, alors qu'au moins une personne a été interpellée. Ils étaient 2.700 à Vannes, 2.200 à Rennes et 2.000 à Rouen.

Des manifestants contre le pass sanitaire à Nantes, le 24 juillet 2021.
Des manifestants contre le pass sanitaire à Nantes, le 24 juillet 2021. © Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Le projet de loi sanitaire, qui prévoit notamment l'extension du pass sanitaire et l'obligation vaccinale pour les soignants, sapeurs-pompiers ou encore les professionnels auprès des personnes âgées, a été adopté en première lecture tôt vendredi matin à l'Assemblée. Actuellement en débat au Sénat, il doit en principe être adopté avant la fin du week-end.

Par E.P avec AFP