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« On m'a pris les parties génitales, on me les a serrées »

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Un adolescent de 16 ans va porter plainte contre des policiers de la BAC du Val-de-Marne pour violences lors d'une interpellation. L'adolescent aurait été roué de coups et séquestré. Sur RMC, il raconte sa nuit d'horreur.

Des policiers de la BAC une nouvelle fois mis en causes. L’Inspection générale des services (IGS), la police des polices, a été saisie le 6 octobre par la famille d’un adolescent, qui accuse des policiers de la BAC du Val-de-Marne de l’avoir violenté et séquestré lors d’une interpellation, à Sucy-en-Brie.
Selon le parquet, des témoins de la scène ont d'ores et déjà été entendus et des investigations techniques sont en cours. Les policiers mis en cause n'ont en revanche pas encore été entendus.

« On va s'amuser un peu avec toi, fils de pute »

Le 6 octobre dernier, à 00h45, Chaïn, élève de 1ère ES âgé de 16 ans sans casier judiciaire, rentre avec son frère d'un match de football en salle, lorsqu’une voiture de police s’arrête à sa hauteur. Pris de panique, il s’enfuit. C’est alors que débute son calvaire : « C'est certes une erreur que j'ai faite, raconte-t-il au micro d’RMC. Mais je me suis rapidement arrêté. On m'a alors plaqué au sol et on m'a frappé : coups dans les côtes, derrière le crâne. On m'a menotté et on m'a embarqué ». Les policiers, selon ses dires, l’emmènent alors en voiture dans une forêt. « On m'insultait, on me disait "on va s'amuser un peu avec toi, fils de pute". On m'a pris les parties génitales, on me les a serrées. On a continué à me frapper, le nez surtout. Ça a été une torture ! », s’émeut Chaïn. De retour au commissariat, il raconte qu’il a été obligé de mentir sur l’origine de ses blessures.

« Il y a enlèvement, séquestration, actes de torture et de barbarie »

Sa mère va dans la foulée l’emmener à l’hôpital : « Tous ses vêtements étaient recouverts de sang. C'est moi qui ai été obligée d'amener mon fils aux urgences. Il tenait à peine debout ». A l'hôpital, un médecin lui a d’ailleurs prescrit une ITT (interruption temporaire de travail) de cinq jours.
« Cette violence gratuite est totalement incompréhensible. Pour moi, il y a enlèvement, séquestration, actes de torture et de barbarie », a déclaré Me Jérôme Karsenti, l’avocat de Chaïn, qui a l'intention de déposer plainte au parquet de Créteil en début de semaine prochaine.
Du côté des syndicats de policiers du Val-de-Marne, c'est la stupeur. Ils démentent toute expédition punitive de leurs collègues.

La Rédaction avec Claire Andrieux