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Oise: à Lavacquerie, la campagne municipale perturbée par un mystérieux corbeau

Plusieurs candidats à la mairie de Lavacquerie ont reçu des lettres anonymes avec des menaces ou des messages d'insultes. Le second tour est attendu avec appréhension dans la commune.

“Une veste monsieur Belleperche, dites merci à votre femme, pas aimable, une connasse.” Le maire de Lavacquerie (Oise) a eu la désagréable surprise de découvrir dans sa boîte aux lettres deux courriers anonymes, avec à l’intérieur, d’obscurs messages ponctués d’insultes. Comme lui, plusieurs candidats aux élections municipales ont reçu des lettres d’un mystérieux corbeau, bien décidé à créer, à deux semaines du second tour, un climat anxiogène dans cette commune de 211 âmes.

30 candidats pour 211 habitants

Il faut dire que le siège du maire de Lavacquerie attise les convoitises. Au premier tour, pas moins de 30 candidats se sont présentés.

“Par leur système de lettre, il y a une pression partout dans le village, de la calomnie, c’est honteux”, déplore auprès de BFMTV Philippe Belleperche, candidat à sa réélection. 

“On se connaît tous dans le village. Des histoires de corbeau, ça crée de la zizanie, c’est malsain”, abonde Frédéric Vanneste, conseiller municipal élu. 

D’autres candidats assurent au Parisien avoir reçu des messages de menace. Et ce n’est pas la première fois qu’un corbeau vient perturber un scrutin dans cette commune oisienne entourée de champs de blé. “Aux précédentes élections j’en ai reçu une, concernant d’autres personnes”, nous raconte Thierry Devraigne, également candidat. Et de poursuivre: “Il n’y a plus rien qui nous étonne. Sur le coup, ça nous fait un peu rigoler, mais c’est pour les personnes visées, c’est de la méchanceté gratuite.”

“C’est pour noyer le poisson” 

Dans les rues de Lavacquerie, les habitants parlent davantage de ces intimidations anonymes que des programmes de chaque candidat, ce que regrette Paul Jamault, candidat de l’opposition:

“C’est pour noyer le poisson. Pendant qu’on parle de ça, on ne parle pas de l’essentiel, qui est comment réunir les gens et agir.” 

Envoyer des menaces par courrier est passible de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d’amende. Pour l’heure, aucun expéditeur n’a été identifié. Le second tour lui, est attendu avec appréhension. Au premier, deux véhicules de gendarmes avaient été mobilisés pour surveiller le dépouillement.

Esther Paolini