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Nuisances aériennes: vers une indemnisation des riverains qui souhaitent vendre?

A Villeneuve-le-Roi, près de l'aéroport d'Orly les avions survolent à basse altitude les habitations.

A Villeneuve-le-Roi, près de l'aéroport d'Orly les avions survolent à basse altitude les habitations. - François Guillot - AFP

Un rapporte de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires préconise une indemnisation des propriétaires qui souhaitent vend. Près d'Orly, la proposition ne convainc pas forcément les habitants, qui préféreraient des mesures pour réduire les nuisances.

Les propriétaires de logements situés à proximité des zones aéroportuaires où le bruit est considéré comme dangereux doivent pouvoir vendre leur bien sans préjudice financier. C'est ce que préconise l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa) dans son rapport annuel.

En clair, l'autorité estime que les aéroports doivent mettre la main au porte-feuille pour indemniser les propriétaires qui souhaitent vendre. Les aéroports ayant une moyenne de 20 mouvements par nuit entre 22 heures et 6 heures devraient racheter les immeubles d'habitation situés dans les zones de gêne très forte du Plan de gêne sonore, "à un prix équivalent de celui pratiqué dans les zones voisines non soumises aux nuisances aéroportuaires", indique l'Acnusa. 

A Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne, certaines maisons donnent à quelques centaines de mètres des pistes de l'aéroport d'Orly et seraient potentiellement concernés par ces indemnisations. Aux heures de pointe, près de 300 avions survolent à basse altitude ces habitations avec une fréquence d'un avion toutes les deux minutes environ.

"C'est invendable, tout simplement parce que la loi qualifiant cette zone-là de zone de bruit fort, donc la loi elle-même dit que c'est un endroit où il faudrait mieux que les gens ne vivent pas. L'aéroport tire avantage de sa situation, donc c'est l'aéroport qui doit indemniser ceux qui sont directement impactés", souligne Victor Haïm, président de l'Acnusa. 

Les habitants s'en iraient...pas les nuisances 

Mais dans la commune de Villeneuve-le-Roi certains habitants ne sont pas convaincus. Anne Michaël-Sulic a vu les nuisances augmenter ces dernières années et sait bien que sa maison vaut "30% de moins qu'une maison équivalente à quelques kilomètres hors des nuisances des avions", mais elle préférerait que les autorités s'attaquent à la source du problème.

"C'est mettre un plâtre sur une jambe de bois. On est en train de demander aux habitants de quitter la ville pour laisser la nuisance s'installer", regrette cette habitante.

Un constat partagé par Didier Gonzales, le maire LR de la ville. Ce dernier craint qu'une telle mesure ne pousse l'aéroport d'Orly à en profiter pour se développer, au détriment des populations.

"Les mesures qui consistent à permettre de délocaliser des populations, c'est la porte ouvert à une frayeur que nous avons, c'est-à-dire le développement de la plate-forme d'Orly, ce qui est absolument impensable pour des raisons de santé publique", martèle l'élu. 

Pour l'instant, le nombre de mouvements d'avions est limité à 250.000 par an à Orly. L'aéroport est également soumis à un couvre-feu, aucun avion ne peut voler entre 23h30 et 6 heures du matin.

C. B avec Jérémie Paire