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Non, les jeunes n'ont pas arrêté de lire des livres

La littérature jeunesse représente près d'un quart du marché du livre

La littérature jeunesse représente près d'un quart du marché du livre - Jacques Demarthon-AFP

Les initiatives se multiplient pour inciter les enfants à lire, comme Partir en livre, qui s'ouvre ce mercredi. Pourtant, les jeunes sont déjà de véritables lecteurs, comme en témoigne l'édition jeunesse, qui fait recette.

La cinquième édition de Partir en livre s'ouvre ce mercredi. Cette grande fête du livre pour la jeunesse, organisée par le Centre national du livre (CNL) et le Salon du livre, propose jusqu'au 21 juillet quelque 7000 animations dans toute la France. Parc d'attractions littéraires, "livrodromes": l'objectif est de sortir le livre de ses lieux habituels et d'aller à la rencontre des enfants. Avec pour ambition de leur "transmettre le plaisir de lire".

"On veut sortir les livres des bibliothèques, des librairies, pour les mettre là où les gens sont en vacances mais aussi dans les parcs, jardins et piscines, détaille pour BFMTV.com Vincent Monadé, président du CNL. L'année dernière, 700.000 familles et enfants ont participé à Partir en livre, on espère arriver progressivement à en toucher un million."

Un enfant sur dix a des difficultés de lecture

Avec l'exemplaire des Fables de La Fontaine - cette année illustré par Voutch - offert à chaque élève de CM2 ou encore les quinze minutes de lecture quotidienne dans certaines écoles et collèges: les initiatives se multiplient pour redonner le goût de la lecture aux plus jeunes.

Car selon une étude publiée au mois de juin par le ministère de l'Éducation et menée par la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, un jeune Français sur dix a des difficultés de lecture. Un sur vingt est même en situation d'illettrisme. Depuis près de vingt ans, les compétences des écoliers français déclinent

Pourtant, contrairement à ce que ces mauvais résultats laissent entendre, les jeunes lisent. L'année dernière, les 15-25 ans ont été même plus nombreux que l'année précédente à se plonger dans un livre, rapporte une étude réalisée par Ipsos pour le CNL.

Près de cinq heures de lecture par semaine

Ces jeunes lecteurs ne se contentent pas des livres prescrits à l'école: huit sur dix bouquinent par choix personnel. Si ces derniers passent près de quinze heures par semaine sur leur smartphone, neuf heures devant la télévision et presque autant sur un ordinateur portable, ils accordent tout de même en moyenne près de cinq heures aux livres, contre trois en 2016. Comme le pointe l'étude, "les multiples activités physiques ou digitales des 15-25 ans ne laissent qu'une "petite place à la lecture au quotidien".

C'est déjà ce que pointait l'Insee en 1990 dans une vaste enquête déplorant une baisse de la lecture "importante au cours de ces vingt dernières années". Chez les plus jeunes, en 1967, sept élèves sur dix lisaient au moins un livre par mois. Ils n'étaient plus qu'à peine un sur deux dix ans plus tard. "La baisse de la lecture s'inscrit dans un contexte général de baisse des pratiques culturelles", dénonçait alors l'Institut national de la statistique et des études économiques, qui questionnait également l'attrait de la télévision, du "magnétoscope", du "micro-ordinateur" et du "minitel".

Le marché du livre de jeunesse fait recette

Pourtant, le livre de jeunesse se porte bien, dans un marché de l'édition en berne. Avec un chiffre d'affaires de 347 millions d'euros en 2018, selon le Syndicat national de l'édition, il représente près d'un quart du marché du livre. Romans fantastiques ou de science-fiction, mangas, bandes-dessinées, certains ouvrages font particulièrement l'unanimité. En tête de peloton chez les garçons: les séries de mangas One Piece et Dragon Ball Z, contre les sagas littéraires Harry Potter, After et 50 Nuances de Grey pour les filles, qui lisent en moyenne trois livres de plus.

Pour Vincent Monadé, du CNL, c'est une "éternelle" rengaine que d'accuser les jeunes de ne plus lire. "Rien que par leurs activités sur Internet, il lisent. Ils vivent dans un monde de l'écrit." 

Céline Hussonnois-Alaya