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"No bra": pourquoi de plus en plus de femmes laissent tomber le soutien-gorge

7% des Françaises ne portent plus de soutien-gorge, selon un sondage Ifop.

7% des Françaises ne portent plus de soutien-gorge, selon un sondage Ifop. - McKinsey Rawpixel

L'abandon du soutien-gorge durant le confinement n’était pas qu’une passade. 7% des femmes optent pour le "no bra" avec, en toile de fond, la volonté de lutter contre la sexualisation de la poitrine.

Boostée par l’isolement imposé par le confinement, la tendance du "no bra" perdure. Alors que les Français ont retrouvé leur liberté sociale depuis plus de deux mois, certaines femmes ont décidé de ne pas enfermer à nouveau leur poitrine. Selon un sondage Ifop pour Xcams, réalisé sur un échantillon de 3018 personnes, 7% de femmes ont tiré un trait sur le soutien-gorge, contre 3% avant le confinement.

Un choix majoritairement présent chez les femmes de moins de 25 ans. Pendant le confinement, elles étaient 20% à opter pour le "no bra", elles sont aujourd’hui encore 18%, signe d’un certain ancrage de cette nouvelle pratique. Surtout, cette proportion est quatre fois supérieure à celle mesurée avant le confinement (4%).

Confort et féminisme

C’est en premier lieu l’inconfort du soutien-gorge qui pousse ces femmes (53%) à ne plus en porter.

Mais la sensibilité à la mouvance féministe joue également un rôle important dans ce choix, notamment chez les jeunes qui sont 32% à justifier le "no bra" comme "le souhait de lutter contre la sexualisation des seins féminins qui impose de les cacher au regard d’autrui".

En effet, l’enquête de l’Ifop démontre parallèlement que la poitrine féminine reste hyper-sexualisées, et cette "charge érotique qui leur reste attachée restreint encore fortement la liberté vestimentaire des femmes dans l’espace public en les surexposant notamment à des risques de harcèlement ou d’agression sexuelle", note l’institut de sondage.

La crainte des regards et des agressions sexuelles

69% des moins de 25 ans n’osent pas renoncer au soutien-gorge car elles sont gênées d’exposer leurs tétons en public, et 57% d’entre elles disent craindre "d’être l’objet d’agression physique ou sexuelle".

"L’analyse des représentations associées par les Français à la pratique du 'no bra' révèle l’ancrage de la 'culture du viol' et des injonctions à la 'pudeur' pesant sur les poitrines féminines", souligne l’Ifop, rappelant que 20% des Français estiment encore que "le fait qu’une femme laisse apparaître ses tétons sous un haut devrait être, pour son agresseur, une circonstance atténuante en cas d’agression sexuelle".

Culture du viol

55% des femmes de moins de 25 ans affirment avoir subi des regards concupiscents en raison de leurs seins et environ 40% ont essuyé des remarques gênantes ou des insultes sexistes. Un quart d’entre elles (25%) rapportent même que leur poitrine a déjà fait l’objet d’attouchements sans leur consentement. Avec la tendance du "no bra", les femmes montrent leur volonté de battre en brèche les injonctions qui pèsent sur elles.

Étude Ifop pour Xcams réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 12 juin 2020 auprès d’un échantillon de 3 018 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV