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NDDL: des gendarmes accusés de porter un brassard "presse", démenti de la gendarmerie

2.500 gendarmes sont déployés à Notre-Dame-des-Landes.

2.500 gendarmes sont déployés à Notre-Dame-des-Landes. - Loic Venance - AFP

Depuis le début de l'évacuation de la ZAD à Notre-Dame-des-Landes, les journalistes estiment être empêchés d'approcher de la zone où les gendarmes interviennent.

Que se passe-t-il entre journalistes et gendarmes en marge de l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes? Plusieurs journalistes présents sur place ont témoigné pour dénoncer le fait que certains membres des forces de l'ordre, sur les 2500 déployés sur place, portent un brassard avec la mention "presse" pour se rendre sur zone, relate ce jeudi la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP). 

A l'origine, le brassard "presse" est réservé aux journalistes pour qu'ils soient rapidement identifiés en zone dangereuse. "La CCIJP tient à rappeler que seuls les journalistes professionnels sont habilités à porter de tels brassards se rapportant à la carte de presse", insiste la commission dans un communiqué publié jeudi après-midi. Pour elle, le fait qu'un gendarme arbore un tel sigle "porte atteinte à la profession de journaliste".

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) dénonce quant à lui "une imposture qui peut tomber sous le coup de la loi".

La gendarmerie dément

Dans le même temps, le SNJ assure que la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, où des opérations d'évacuation ont débuté lundi, est devenue "une zone de non-droit à l’information". "Les journalistes sont, encore aujourd’hui, soit empêchés d’approcher la zone, soit interdits de filmer les heurts, soit reconduits à l’écart de la zone d’expulsion, dans une 'zone presse', officiellement pour des raisons de sécurité", détaille l'instance. Le SNJ de France Info a lui condamné une "dérive qui consiste à fournir (...) des images totalement aseptisées des opérations 'sensibles' du gouvernement".

Mardi, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a rappelé sur LCI que 200 caméras avaient été déployées dans la ZAD avec l'objectif de montrer que "les forces de l'ordre emploient la force de manière mesurée" et ainsi éviter toute bavure. Toutefois, la gendarmerie nationale a vivement démenti les informations avancées par la Commission de la carte, précisant que les gendarmes équipés de caméras portent la mention "Gendarmerie communication" sur leur uniforme.

Justine Chevalier