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Mort du cinéaste français René Vautier

Le réalisateur René Vautier est mort dimanche à l'âge de 86 ans.

Le réalisateur René Vautier est mort dimanche à l'âge de 86 ans. - Marcel Mochet - AFP

Le réalisateur René Vautier, décédé dimanche en Bretagne à 86 ans, était une figure marquante du cinéma engagé, dénonçant la torture, le colonialisme et la guerre d'Algérie, un conflit au coeur de son film le plus célèbre, Avoir vingt ans dans les Aurès.

Né le 15 janvier 1928 à Camaret-sur-Mer dans le Finistère, cet éternel révolté à l'oeil pétillant et à la tignasse blanche, se revendiquait comme "le cinéaste français le plus censuré", ses films dérangeants ayant souvent été interdits. 

Un cinéaste engagé

"René Vautier était un cinéaste engagé s'il en fut, à une période où la censure veillait. C'était un juste", a déclaré Gilles Jacob, ex-président du Festival de Cannes.

Cet homme d'images à la vie mouvementée, qui a connu la fuite, la prison, la grève de la faim, les menaces et les condamnations, a notamment réalisé des dizaines de films et de documentaires sur la guerre d'Algérie. Parmi eux, Une Nation l'Algérie (1954), qui lui valut d'être poursuivi pour "atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat" car il y déclarait que "l'Algérie sera de toute façon indépendante" et "Algérie en flammes" (1958), tourné dans le maquis.

Récompensé au festival de Cannes

Il formera ensuite la première génération de cinéastes algériens. Mais son oeuvre la plus célèbre sur le sujet reste Avoir vingt ans dans les Aurès, une charge anticolonialiste retraçant le parcours d'appelés bretons dans le bourbier algérien. Basé sur les auditions de 600 appelés du contingent, il sera récompensé au festival de Cannes en 1972 par le prix international de la critique.

Le film "est passé un peu partout dans le monde mais j'avais honte de ne pas pouvoir répondre aux gens qui me demandaient 'comment se fait-il que les cinéastes français n'aient pas pu tourner un film sur la guerre d'Algérie?'", racontait René Vautier en janvier 2001, dans un entretien au journal l'Humanité.

M. P. avec AFP