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Mesures de restriction renforcées pour les bars et restaurants: les professionnels s'estiment "stigmatisés"

Les restaurateurs et propriétaires de bars expriment en choeur leur désarroi, ce mercredi soir, face à la décision de fermer totalement les bars et les restaurants de Marseille, et les bars après 22h dans une dizaine de grandes villes dont Paris.

"Incompréhension" et "colère": les restaurateurs et propriétaires de bar s'indignent, ce mercredi soir, après les annonces d'Olivier Véran concernant la fermeture de ces établissements à Marseille, et la fermeture partielle des bars dans de nombreuses autres villes françaises telles que Paris. Par la voix de leur principal syndicat, les restaurateurs d'Aix et Marseille se disent "très très en colère" et ont le sentiment d'être considérés comme du "menu fretin" après la décision du gouvernement.

"On est très très en colère parce que la moindre des choses aurait été qu'on soit avertis", a réagi auprès de l'AFP Bernard Marty, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) des Bouches-du-Rhône, premier syndicat patronal des cafés, hôtels, restaurants. "Un ministre qui nous annonce à la télévision que nous n'allons plus exister dans quelques jours, parce que c'est exactement ce qui va se passer. C'est un désastre! Stigmatiser Marseille comme ils viennent de le faire, c'est une honte!", a encore dénoncé le restaurateur au micro de BFMTV.

"On le subit, ça devient insupportable!"

Bernard Marty s'est ensuite interrogé sur les conséquences dramatiques de cette fermeture annoncée pour 15 jours dans "une ville qui ne reçoit plus de croisière, plus de congrès, dont la foire est annulée, après trois mois de confinement". "On a presque le sentiment que Paris considère qu'à Marseille, on est du menu fretin et qu'il n'y a pas besoin de nous informer ce qu'il se passe dans notre ville", a-t-il ajouté

"On prend tout dans la gueule, on le subit, ça devient insupportable!", s'est aussi indigné Philippe Etchebest, au micro de BFMTV ce mercredi soir. Le chef étoilé et Meilleur Ouvrier de France a exprimé son incompréhension face à cette décision, et appelé à "arrêter de stigmatiser (leur) profession".

"De toute façon, les gens feront la fête chez eux! Ils la feront dehors, je le vois, je suis sur le terrain. Tous les soirs quand je quitte le service, je passe sur les quais à Bordeaux, il y a du monde partout! Cet été, personne n'a rien dit, et aujourd'hui il n'y a que des problèmes. Il faut m'expliquer car je ne comprends pas. C'est un problème de discipline", a déploré le restaurateur.

"On ne sait pas où on va"

Un avis partagé, ce mercredi soir, par le représentant de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie à Paris. "On sait pertinemment que nos clients vont sortir ailleurs à 22 heures", a tonné David Zenouda, gérant du club "Le Next" à Paris.

"L'avenir de mon établissement est en jeu, ça met mon établissement en péril", s'inquiète encore un autre restaurateur de Marseille à notre micro. "Il y a d'abord eu des annonces pour une fermeture à 23h il y a quelques jours, puis ça a été repoussé à 00h30, et maintenant on se prend cette fermeture pendant apparemment pour une durée de 15 jours".

"Ça n'est pas très très clair, on ne sait pas où on va", martèle ce gérant d'un restaurant japonais dans la deuxième ville française. "On s'apprête à entrer dans la saison d'hiver qui est très très importante pour nous, et on se demande ce qu'on va devenir".

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV