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Marseille: un "badge santé" à triangle jaune pour les SDF fait polémique

Un sans-abri à Rome en 2014 (illustration)

Un sans-abri à Rome en 2014 (illustration) - Tiziana Fabi - AFP

Un collectif baptisé "Le jugement dernier" dénonce la distribution aux SDF marseillais d'une "carte santé" qu'ils sont censés arborer sur leurs vêtements, et qui est marquée d'un triangle jaune, un signe distinctif de sinistre mémoire, selon ses détracteurs. La mairie estime cette polémique stérile.

Vers un fichage des SDF à Marseille? Un collectif se disant composé de sans-abri s'est élevé mardi contre la distribution d'une "carte de secours" aux personnes sans domicile fixe de la cité phocéenne.

Sur ce badge sont mentionnés notamment des informations sur leur état de santé. "Il doit être attaché à l'extérieur, être visible et comportera le nom, le prénom de la personne et le numéro de sécurité sociale. Il y aura aussi les maladies chroniques que la personne a, comme le diabète, l'insuffisance cardiaque, mais aussi le VIH et la schizophrénie", écrit le collectif "Le jugement dernier", qui appelle à un rassemblement mercredi devant l'hôtel de ville de Marseille.

"Qui donc pilote cette expérience, quel est le texte de loi qui l'encadre?", interroge le collectif, qui dénonce une "discrimination" et "un dispositif qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire", par allusion à la période de l'Occupation.

"La carte sécurité est une carte à vue: accrochez-la à l'extérieur d'un sac à main, d'une sacoche, d'un sac de sport, etc...", décrit un mode d'emploi à l'origine indéterminée diffusée par le collectif, et qui montre également que le recto de la carte porte un triangle jaune. Trois cents exemplaires auraient déjà été distribués.

La mairie de Marseille est "scandalisée" par la polémique

A la mairie de Marseille on ne comprend pas le tollé soulevé par cette initiative. "Je suis scandalisé par les polémiques absurdes autour de la carte de secours distribuée par le Samu Social, qui remettent en cause non seulement la nécessité absolue de ce dispositif pour les personnes sans domicile fixe mais également les engagements de la Ville de Marseille, du Samu Social et de ses bénévoles pour venir en aide aux plus démunis", a réagi dans un communiqué Xavier Mery, adjoint au maire de Marseille, délégué à l'intégration et à la lutte contre l'exclusion.

"Cette carte, qui n'a pas vocation à être visible de tous, permet avant tout aux pompiers et au personnel soignant de recueillir des données essentielles afin d'identifier, d'aider efficacement et souvent de sauver la vie de ces personnes dépourvues de tout lien social", avant d'ajouter: "Elle ne contient aucune information médicale destinée à rester confidentielle autre que le groupe sanguin du porteur".

Néanmoins, le dispositif pourrait être revu voir supprimé, selon Le Monde. De fait, les services sociaux d'aide aux SDF se montrent dubitatifs sur l'intérêt de cette "carte santé". "En maraude, les personnes dans la rue préfèrent donner un surnom", explique le Samu social à Europe 1. "Porter cette carte autour du cou cela ressemble à une étiquette que l'on vous colle".

S.A. avec AFP